Vocabulaire et distinctions conceptuelles

Cette page contient des définitions et des distinctions. L’ordre suive est alphabétique, mais les notions sont associées. Ainsi on trouve l’art avec l’expérience. Et c’est une page naissante, que l’on va étoffer peu à peu.

 

Expérience/Art/Science

a) le terme d’expérience (du latin experientia, essai, épreuve, tentative) a plusieurs sens qui tous se rapportent à un contact direct avec le réel. On distingue :

– l’expérience sensible, soit l’ensemble des sensations. Les sens (toucher, goût, ouïe, vue, odorat) permettent à l’homme de percevoir le monde qui l’entoure et de sentir son corps (sensibilité interne). Les signaux des sens sont traités par le cerveau.

Pour les empiristes, les données des sens sont la source de toutes nos connaissances.

– l’expérience vécue désigne des événements vécus au cours de sa vie, la mémoire que nous en ont, les effets que cela a eu sur nous. L’expérience vécue s’inscrit dans le temps long qui est celui de la vie. Elle contribue à former une identité individuelle. Ex : l’expérience des combats politiques.

– l’expérience pratique relève de l’action (la pratique, du grec praxis). Une pratique est une action répétée de façon habituelle. Elle est de ce fait mémorisée, exécutée avec plus de facilité. La pratique procure une certaine habileté. Ex : la pratique d’un sport.

– l’expérience scientifique ou expérimentation. Elle est pour l’essentiel un dispositif technique destiné à vérifier ou infirmer une hypothèse scientifique, elle-même solidaire d’une théorie. L’expérimentation est toujours organisée en fonction d’une hypothèse.

b) Le terme d’art vient du latin ars, artis, talent, savoir-faire. Il est en bonne partie l’équivalent du grec techné qui a donné le terme de technique.

Pendant longtemps, le terme d’art a désigné un savoir-faire, cad la connaissance et la maîtrise pratique de certains procédés généraux d’action ou de production. Ex : l’art de la menuiserie.

 

 

Comprendre/Expliquer :

a) distinction simple :

– comprendre (du latin comprehendere, saisir par la pensée) : saisir le sens de qque chose, d’une phrase, d’un geste, d’une situation. Cela passe par ex. par la saisie du sens des mots employés, mais aussi par celle de l’intention de celui qui s’exprime. La connaissance du contexte intervient.

Le terme de compréhension est surtout utilisé pour la saisie du sens des comportements humains individuels ou collectifs, mais on peut aussi comprendre un phénomène physique ou technique : l’élévation d’une température ou le fonctionnement d’une machine par ex. Dans ce cas comprendre suppose que l’on ait une connaissance même sommaire de la ou les causes du phénomène (phénomène physique) ou des moyens d’agir sur lui (phénomène technique). On s’approche alors de ce qu’est l’explication (connaissance des causes).

Mais d’ordinaire, la compréhension est pensée comme la saisie d’un sens, soit une appropriation subjective, par la pensée, de ce qui est dit, montré, manifesté. Notre compréhension nous concerne et nous seulement, même si l’on peut la verbaliser, la partager et par là s’assurer que l’on a compris la même chose. On peut aussi comprendre en silence, et ne rien communiquer à autrui, à l’inverse d’expliquer qui implique une verbalisation à l’intention d’autrui.

– expliquer (du latin explicare, déployer, exposer) : connaître la ou les causes d’un phénomène donné. Cela revient à connaître le « comment » de la réalisation du phénomène, ce qui l’a déterminé, et selon quelle régularité ou loi. Si ce phénomène relève d’une finalité, d’un projet, celui revient aussi à connaître son « pourquoi », soit justement l’intention, le projet dont il est, de façon intermédiaire ou finale, le but.

Le terme d’explication est utilisé pour désigner la connaissance des causes des phénomènes physiques, sociaux, historiques, psychologiques, etc. Il est inséparable de la notion de connaissance et donc aussi de celle de science.

Le plus souvent, on explique qque chose à qqun. Expliquer implique donc une verbalisation et une transmission à autrui, et donc un effort d’adaptation de son propos à la personne à laquelle on s’adresse. Car une bonne explication ne doit pas seulement être correcte, elle doit être claire.

b) comprendre/expliquer un texte de philosophie.

L’explication est le 3ième sujet du bac de philosophie. C’est bien une explication : la simple compréhension de ce que dit l’auteur ne suffit pas. Il faut en plus rendre compte du « comment » et du « pourquoi » :

– le « comment » désigne l’ensemble des moyens littéraires, logiques, conceptuels utilisés par l’auteur pour défendre son propos. Ex : telle analyse, telle définition, telle image, telle comparaison, tel terme, etc.

– le « pourquoi » renvoie à l’intention intellectuelle de l’auteur, les raisons qui l’ont poussé à écrire ce texte. Cela revient en définitive à relier la thèse défendue par l’auteur à un problème, et donc à une discussion réfléchie qui oppose plusieurs thèses.