Vaut-il mieux agir ou penser ?

1. brève analyse du sujet

a. la forme du sujet

– il oppose clairement 2 verbes. En ce sens, il les pense dans leur relation. Il ne faut donc pas examiner l’un de ces verbes sans tenir compte de l’autre. On considère toujours les 2 en même temps.

– par ailleurs, cette opposition est assez courante puisqu’il s’agit de la pensée et de l’action. Il est fréquent d’opposer ce qui relève d’un côté de la pensée, de la réflexion, de la discussion et de l’autre ce qui relève de la réalisation, des actes, des pratiques.

La construction de la réflexion est donc simple : chacune des 2 premières parties va défendre tout en les comparant, pour l’une la pensée pour l’autre l’action. Reste à donner du sens à cette opposition.

– on peut bien sûr envisager d’emblée une dernière partie qui réunirait les 2 attitudes, mais elle est très prévisible, et surtout, elle risque fort de s’opposer platement au travail de distinction-opposition fait auparavant.

Un peu plus subtil serait une dernière partie discutant de ce qui est au fond un présupposé du sujet, savoir qu’agir n’est pas penser, ni penser agir. Là, il ne s’agirait pas de réunir les 2 attitudes supposées différentes, mais de montrer que la distinction n’est pas si évidente à faire. Le travail de réflexion est plus intéressant.

Mais pour l’instant, précisons le sens des 2 verbes et voyons en quoi ils s’opposent.

b. les termes du sujet

agir : faire une action. Mais qu’est-ce qu’une action ? A quoi la reconnaît-on ? Quelques réponses :

 – bouger son corps, faire qque chose physiquement

– modifier matériellement qque chose, transformer qque chose.

– produire un effet, une réaction

– suivre un plan, un objectif, une règle

Nous voyons que l’action est liée au mouvement de celui qui agit, à la modification des choses, à l’obtention d’un résultat tangible, visible. Il faut donc sur cette base imaginer un mode de vie qui fait de ces caractères des valeurs : bouger, transformer, jouir d’un résultat.

Nous voyons d’emblée qu’il sera orienté vers un objet : la réalité, ce qui existe indépendamment de moi, le monde matériel, les autres personnes, tout ce qui est extérieur à moi. Il disposera d’un moyen : le corps et ses prolongements techniques, matériels (outils, machines, etc.)

penser : l’activité mentale en général. Mais ici, en opposition à l’action, le verbe signifie davantage : la réflexion, distinguée de l’action, et de façon générale toute activité mentale (imaginer, se souvenir, etc.) qui n’est pas liée directement à une action, qui n’en est pas la manifestation cérébrale. On pense alors à :

– s’interroger, examiner, confronter, comparer, discuter, dialoguer

– connaître, réfléchir, faire des liens rationnels entre les phénomènes, faire des hypothèses

– anticiper un effet, imaginer, rêver

– défendre un avis, une thèse, critiquer une thèse, adopter une attitude critique, juger, décider.

Nous voyons que la pensée est liée à un certain mouvement elle aussi, mais celui des idées, des possibilités du réel. La pensée ne modifie pas le monde, elle s’en donne une description, une conception plus ou moins abstraite et la modifie de façon virtuelle, variable, créative. D’où un mode de vie qui fait de ces caractères des valeurs : description, abstraction, possibilités, virtualités, variations, créativité.

L’orientation de la pensée : plutôt intérieure, ce qui existe en moi, savoir la possibilité de concevoir, d’imaginer des mondes possibles.

D’où des oppositions ; extérieur/intérieur, indépendant de soi/dépendant de soi, confrontation au réel/construction, création des possibles, transformation/description, sensation et mouvement du corps/abstraction, mouvement de l’esprit.

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