texte n°1 du Discours de la Méthode

«  Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée : car chacun pense en être si bien pourvu, que ceux même qui sont les plus difficiles à contenter en toute autre chose n’ont point coutume d’en désirer plus qu’ils en ont. En quoi il n’est pas vraisemblable que tous se trompent : mais plutôt cela témoigne que la puissance de bien juger et distinguer le vrai d’avec le faux, qui est proprement ce qu’on nomme le bon sens ou la raison, est naturellement égale en tous les hommes ; et ainsi que la diversité de nos opinions ne vient pas de ce que les uns sont plus raisonnables que les autres, mais seulement de ce que nous conduisons nos pensées par diverses voies, et ne considérons pas les mêmes choses. Car ce n’est pas assez d’avoir l’esprit bon, mais le principal est de l’appliquer bien. Les plus grandes âmes sont capables des plus grands vices, aussi bien que des plus grandes vertus ; et ceux qui ne marchent que fort lentement peuvent avancer beaucoup davantage s’ils suivent toujours le droit chemin, que ne font ceux qui courent, et qui s’en éloignent »

Descartes, Discours de la Méthode, 1ère partie. 

2 parties :

Introduction :

situation du texte : c’est le début du Discours. Rappel : le Discours est un écrit de circonstance, lié à l’abandon du projet de publier un Traité du monde. La raison : la condamnation de Galilée en 1633. La publication du DM avec 3 essais scientifiques a pour but de « sonder le gué ». Son but : faire connaître sa méthode, et par ce moyen, ses idées en physique.

Problème et Thèse :

  • le problème examiné dans ce texte est celui de la possession de la raison par tous les hommes, et sa différence avec l’esprit. Mais c’est aussi celui de la nécessité d’une méthode.

  • la thèse de Descartes est que les hommes possèdent tous la raison, un même pouvoir de juger du vrai et du faux. Mais l’essentiel est de l’appliquer, d’où la nécessité d’une méthode.

Plan : 2 parties. La 1ère sur le bon sens, la 2nde sur l’importance de la méthode.

La 1ère : qu’est-ce que le bon sens ? Le fait de la raison

a. Ce n’est pas le bon sens commun. Mais une puissance de bien juger et ≠ vrai et faux. Donc :

. Subjectivité de la raison (≠ ordre du monde des Anciens).
. Raison ≠ raisonner mais juger, et donner son assentiment. Liberté de juger.
. distinction raison ≠  esprit (promptitude de la pensée, netteté de l’imagination, ampleur de la mémoire).

b. l’argument : le témoignage d’un manque, d’une absence de désir.

.Ironie
. simple vraisemblance ≠ certitude.
. invraisemblance : tous se trompent ? Pas tous. Et si tous alors perte de la raison comme capacité à juger, ce qui est invraisemblable. Le pouvoir de la raison s’affirme ici : chacun jouit de la faculté de juger ≠ qualités de l’esprit.

Le fait de la raison, sa liberté.
Egalité de la raison, inégalité des esprits : pose la question de droit de la méthode. 

La 2nde : L’importance de la méthode.

a) la diversité des opinions ≠ des raisons mais des chemins pris.
. conduite voie et considération des objets (en plus des ≠ esprits)
. raison ≠ méthode.
. appliquer bien. Méthode ≠ outil, mais une conduite de sa pensée (application)

b) les exemples

. des vertus et vices. ex de la morale. engagement personnel. Morale : relève de la connaissance et de la méthode.
. le chemin et la progression. rectitude et vitesse. Il y a un ordre. Un chemin droit et des chemins de travers.

La raison ≠ méthode, la méthode = conduite. Connaissance de l’ordre.

Conclusion : 

Le fait de la raison.
L’importance de la méthode. ≠ savoir des anciens, pratique de telle ou telle discipline. Caractère novateur, pionnier de la conception.

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