texte de W.Benjamin : l’Ange de l’Histoire.

«Mon aile est prête à se déployer
J’aimerais bien revenir en arrière
Car même si je restais pour le temps vivant
Je n’aurais pas beaucoup de bonheur »
Gerhard Scholem, Salut de l’ange

« Un tableau de Klee intitulé Angelus Novus représente un ange, qui donne l’impression de s’apprêter à s’éloigner de quelque chose qu’il regarde fixement. Il a les yeux écarquillés, la bouche ouverte, les ailes déployées. L’Ange de l’Histoire doit avoir cet aspect-là. Il a tourné le visage vers le passé. Là où une chaîne de faits apparaît devant nous, il voit une unique catastrophe dont le résultat constant est d’accumuler les ruines sur les ruines et de les lui lancer devant les pieds. Il aimerait sans doute rester, réveiller les morts et rassembler ce qui a été brisé. Mais une tempête se lève depuis le Paradis, elle s’est prise dans ses ailes et elle est si puissante que l’ange ne peut plus les refermer. Cette tempête le pousse irrésistiblement dans l’avenir auquel il tourne le dos tandis que le tas de ruines devant lui grandit jusqu’au ciel. Ce que nous appelons le progrès, c’est cette tempête.»

Walter Benjamin, Sur le concept d’histoire, thèse IX. Trad. O.Mannoni, Petite Bibliothèque Payot, 2013.

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