texte de D.Hume : la société, remède à la faiblesse de l’homme.

« Ce n’est que par la société que [l’homme] est capable de suppléer à ses déficiences et de s’élever à une égalité avec les autres créatures, voire d’acquérir une supériorité sur elles. Par la société, toutes ses infirmités sont compensées et, bien qu’en un tel état ses besoins se multiplient sans cesse, néanmoins ses capacités s’accroissent toujours plus et le laissent, à tous points de vue, plus satisfait et plus heureux qu’il ne pourrait jamais le devenir dans sa condition sauvage et solitaire. Lorsque chaque individu travaille séparément et seulement pour lui-même, sa force est trop réduite pour exécuter quelque ouvrage important ; employant son labeur à subvenir à tous ses divers besoins, il n’atteint jamais la perfection dans un savoir-faire particulier ; et, puisque sa force et sa réussite ne sont pas égales tout le temps, le moindre défaut de l’une des deux doit entraîner inévitablement l’échec et la détresse. La société fournit un remède à ces trois inconvénients. Par la conjonction des forces, notre pouvoir est augmenté. Par la répartition des tâches, notre compétence s’accroît. Et par l’assistance mutuelle, nous sommes moins exposés à la fortune et aux accidents.

C’est par ce supplément de force, de compétence et de sécurité que la société devient avantageuse. »

David HUME, Traité de la nature humaine, livre III, section II, trad. Ph. Saltel, éd. Flammarion, coll. GF, 1993, p.85.

Le problème discuté ici pourrait être celui de savoir si l’homme a plus intérêt à vivre isolé ou bien en société. La réponse de D.Hume est claire : la vie en société est plus intéressante, car elle est à la fois un remède à ses faiblesses naturelles, mais aussi le moyen de développer « toujours plus » ses capacités et par là, de dominer les autres espèces vivantes et d’obtenir satisfaction et bonheur.

On notera que ce n’est pas en s’appuyant d’abord sur l’idée d’assistance mutuelle que l’auteur cherche à nous convaincre. Celle-ci intervient il est vrai, mais après avoir remarqué que la vie en société permettait à chacun de pouvoir disposer d’une plus grande force et de developper un savoir plus approfondi. La vie en société est donc d’abord la possibilité d’un meilleur développement individuel avant celle d’un secours porté les uns aux autres.

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