Texte de Carl Hempel : sciences empiriques et sciences formelles.

mathematics-111423_1280 » On peut diviser la recherche scientifique en deux grands domaines: les sciences empiriques et celles qui ne le sont pas. Les premières tentent d’explorer, de décrire, d’expliquer et de prévoir les événements du monde dans lequel nous vivons. Leurs énoncés doivent donc être confrontés à l’expérience, et on ne les accepte que s’ils sont confirmés par une évidence empirique. Celle-ci est obtenue de bien des manières: par expérimentation, par observation systématique, par entretien ou par enquête, par des tests psychologiques ou cliniques, par l’examen attentif de documents, d’inscriptions, de monnaies, de vestiges archéologiques, etc. Cette dépendance à l’égard des faits distingue les sciences empiriques de celles qui ne le sont pas, comme la logique ou les mathématiques abstraites, dont on démontre les propositions sans qu’il soit nécessaire d’invoquer l’expérience.

On divise souvent à leur tour les sciences empiriques en sciences de la nature et en sciences sociales. Cette division repose sur un critère bien moins clair que celui que nous invoquions pour distinguer la recherche empirique de celle qui ne l’est pas, et il y a des divergences sur le tracé de la frontière. D’habitude, on met sous la rubrique » science de la nature » la physique, la chimie, la biologie et les disciplines adjacentes; dans les sciences sociales, on inclut la sociologie, la science politique, l’ethnologie, l’économie, l’histoire et les disciplines qui leur sont liées. La psychologie est tantôt placée dans l’un des domaines, tantôt dans l’autre, et l’on dit souvent qu’elle est à cheval sur les deux.[…]

Le grand prestige dont jouit aujourd’hui la science est sans aucun doute imputable dans une large mesure au succès impressionnant et à l’extension rapide de ses applications. Bien des secteurs des science expérimentales fournissent aujourd’hui une base à des technologies; ces dernières donnent aux résultats de la recherche scientifique une utilité pratique, alimentent souvent à leur tour la recherche fondamentale en faits, en problèmes et en instruments d’investigation nouveaux.

Outre qu’elle aide l’homme à se rendre maître de son environnement, la science correspond à un besoin qui, pour être désintéressé n’en est pas moins profond et tenace : le désir d’acquérir une connaissance toujours plus profonde du monde dans lequel il se trouve. « 

Carl Hempel, Eléments d’épistémologie, chap.1. Ed. A.Colin, coll.U2.

Carl Hempel (1905-1997) a enseigné la philosophie des sciences aux universités de Yale, Harvard, et Princeton.

Doit-on parler de la science ou des sciences ?

1. Dans un premier temps vous chercherez les raisons qui obligent à parler des sciences: quelles divisions Carl Hempel fait-il de la recherche scientifique?

Cf. carte mentale : le domaine des sciences

Sur la distinction sciences empiriques/formelles : cf le texte de D.Hume : vérité de raison, vérité de fait.

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