texte de C.Lévi-Strauss : le critère de la norme et de l’ universalité.

« Aucune analyse réelle ne permet de saisir le point du passage entre les faits de nature et les faits de culture, et le mécanisme de leur articulation. Mais la discussion ne nous a pas seulement apporté ce résultat négatif, elle nous a fourni, avec la présence ou l’absence de la règle dans les comportements soustraits aux déterminations instinctives, le critérium le plus valable des attitudes sociales. Partout où la règle se manifeste, nous savons avec certitude être à l’âge de la culture. Symétriquement, il est aisé de reconnaître dans l’universel le critérium de la nature. Car ce qui est constant chez tous les hommes échappe nécessairement au domaine des coutumes, des techniques et des institutions par lesquelles leurs groupes se différencient et s’opposent. À défaut d’analyse réelle, le double critérium de la norme et de l’universalité apporte le principe d’une analyse idéale, qui peut permettre – au moins dans certains cas et dans de certaines limites – d’isoler les éléments naturels des éléments culturels qui interviennent dans les synthèses de l’ordre le plus complexe. Posons donc que tout ce qui est universel chez l’homme relève de l’ordre de la nature et se caractérise par la spontanéité, qui tout ce qui est astreint à une norme appartient à la culture et présente les attributs du relatif et du particulier. »

C.Lévi-Strauss, Les structures élémentaires de la parenté, PUF, 1949, p. 10.

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