texte de Bergson : souvenir captif, souvenir libre.

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« Le souvenir d’un même spectacle auquel ils auront assisté modifiera probablement de la même manière un cerveau de chien et un cerveau d’homme, si la perception a été la même; pourtant le souvenir devra être tout autre chose dans une conscience d’homme que dans une conscience de chien. Chez le chien, le souvenir restera captif de la perception; il ne se réveillera que lorsqu’une perception analogue viendra le rappeler en reproduisant le même spectacle, et il se manifestera alors par la reconnaissance, plutôt jouée que pensée, de la perception actuelle bien plus que par une renaissance véritable du souvenir lui-même. L’homme, au contraire, est capable d’évoquer le souvenir à son gré, à n’importe quel moment, indépendamment de la perception actuelle. Il ne se borne pas à jouer sa vie passée, il se la représente et il la rêve. »
Henri Bergson, L’évolution créatrice, chap. II, 1907, Éd. P.U.F.

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