Qu’est-ce qu’un devoir ?

Au sens courant, le terme de devoir est synonyme de contrainte extérieure. Il désigne ce qu’une personne soumise à une autorité est tenue de faire sous peine de sanctions. Par contre, en un sens philosophique, le terme de devoir est synonyme d’obligation. Il désigne alors un sentiment ou une tendance qui pousse une personne à réaliser ce qu’elle juge nécessaire de faire, ce sans quoi elle perdrait l »estime d’elle-même.

Ce sont là 2 définitions différentes du devoir.

Un premier problème posé par cette notion consiste à déterminer laquelle des deux est la plus légitime pour dire non pas tant ce qu’est le devoir dans les faits (les usages que l’on fait de ce mot), mais ce qu’il doit être pour une personne.

La connaissance de la nature du devoir étant clarifiée, reste à en déterminer le contenu. Quels sont nos devoirs ? Plus précisément, comment pouvons-nous connaître notre devoir ? Se présente-t-il à nous de façon sensible, est-ce un sentiment ? Ou bien est-il déterminé de façon rationnelle ? Relève-t-il d’un calcul ou bien s’affirme-t-il comme un absolu ?

1) le devoir : contrainte ou obligation ?

L’usage courant du terme devoir le présente comme un effort à faire en opposition avec notre désir subjectif. Il est alors ce que l’on est tenu de faire par nécessité, et qui à première vue échappe à notre volonté : se nourrir, aller travailler, se former, régler ses affaires administratives, faire ses courses, etc.. (nécessités de la vie matérielle et économique), rencontrer ses collègues, voir ses amis, prendre soin de ses parents, etc.. (nécessités de la vie sociale et familiale), aller voter, lutter pour son pays (nécessités aussi de la vie politique et militaire).

Parce qu’il est opposé au désir subjectif, le devoir est considéré comme une contrainte extérieure, imposée de façon plus ou moins directe par une puissance ou une autorité (nature, parent, professeur, employeur, Etat). Ne pas s’y plier exposerait à des sanctions ou aurait des conséquences dommageables. C’est donc pour les éviter, par crainte donc, que nous ferions notre devoir.

A l’encontre du sens courant, la tradition philosophique définit le devoir comme une obligation subjective, ce qui revient à mettre en valeur le choix qu’il exprime. Un sujet s’oblige à faire -ou ne pas faire, cela dépend- ce que le plus souvent il ne désire pas. Une obligation est le plus souvent vécue comme un conflit interne à la personne.

Ex : le devoir de mémoire. Ce n’est pas une contrainte, mais l’effort de mémoire qu’une personne s’impose librement. Elle n’y est pas forcée sinon par elle-même.

la liberté subjective propre à l’obligation n’est pas toujours bien perçue par le sujet. L’obligation de travailler par ex, est le plu souvent prise comme une contrainte : celle de satisfaire nos besoins, soit une nécessité biologique. Mais on peut remarquer que c’est la satisfaction des besoins qui est nécessaire, non le travail en lui-même. Celui-ci ne l’est qu’indirectement, du fait qu’il procure des revenus.

On peut alors faire remarquer qu’une certaine organisation sociale dispense certaines personnes de travailler tout en leur assurant des revenus qui leur permettent de vivre (les enfants par ex, les retraités, les malades, les plus démunis, mais aussi pour des raisons très différentes, les personnes riches). On pourrait étendre cette conception aux personnes en général et chercher à diminuer le temps de travail via la robotisation par ex.

D’où il ressort que le travail n’est pas une contrainte mais une obligation, cad un effort auquel on consent. C’est la différence entre un esclave contraint à travailler et un salarié qui lui est obligé. Il en est de même du devoir en général qui derrière le déplaisir qu’il suscite ne doit pas masquer le fait qu’il est consenti. Il est d’ailleurs possible de ne pas faire  son devoir : ne pas porter assistance à autrui, ne pas aller voter, ne pas payer ses amendes, etc.

2) comment connaître son devoir ?

le devoir est le vouloir du bien

Une personne qui s’oblige à agir d’une certaine façon le fait au nom du bien. Dans la mesure où elle agit contre son désir, on peut dire qu’elle privilégie le bien à l’agréable. S’obliger à aller travailler par ex. c’est privilégier ce que l’on considère comme un bien (les études, la profession) à  l’agréable (la paresse, les distractions).

De façon générale, et comme le remarquait déjà Socrate, les hommes agissent toujours en vue de ce qu’ils considèrent comme un bien (cf texte 1 p. 399). Les hommes qui commettent des crimes horribles savent bien sûr qu’aux yeux du plus grand nombre, ils commettent le mal. Mais à leurs propres yeux, ces maux sont préférables et donc des biens. Subjectivement, ils veulent le bien. Mais ils se trompent et font le mal, parce qu’ils sont ignorants. Ils ne voudraient pas le commettre s’ils savaient que c’était le mal. C’est la thèse fameuse selon laquelle « Nul n’est méchant volontairement ».

Il importe alors en plus de les empêcher de commettre leurs actions,  de les corriger de leur ignorance.

Mais qu’est-ce que le bien ? A quoi le reconnaît-on ? Passons plusieurs réponses en revue.

Une première réponse voudrait que le bien soit affaire de sociétés, d’époques. C’est là une réponse relativiste, d’un point de vue culturel et historique. Elle réduit le bien et la morale aux bien et moeurs d’un pays et d’une époque donnée. Qu’en penser ? Effectivement les valeurs morales changent selon les cultures et les moments de l’histoire. Mais peut-on en rester là ? Nous voyons au contraire que dans l’histoire, les sociétés ont le souci de s’améliorer et de condamner des pratiques autrefois jugées satisfaisantes (l’esclavage par ex, ou le sexisme).

Une autre réponse affirme que le bien nous est connu via un texte ou une révélation divine, religieuse. C’est là une conception transcendante de la morale (la transcendance désigne ce qui est pensé comme d’une nature absolument supérieure). Chacun connait le décalogue de l’Ancien Testament (les 10 commandements divins que Moïse apportent au peuple Juif.

Que penser là aussi de cette conception ? Sans prétendre l’examiner à fond, on voit qu’elle donne au bien une origine extérieure à l’humanité. On parle alors d’hétéronomie : les règles morales de l’homme sont reçues de l’extérieur. Précédemment elles l’étaient de la société, soit des autres hommes, là elles le sont pour ainsi dire d’en haut, d’un être pensé comme supérieur, Dieu.

A cette conception hétéronome de la morale, on peut en opposer une autre, autonome : les règles morales sont reçues de l’homme lui-même. La connaissance du bien ne relève plus alors d’une foi ou croyance, ce qui la rendait en un certain sens dépendante. En effet, qu’est-ce le bien prescrit par Dieu pour un athée ? Ou une personne qui ne reconnaît pas ce Dieu ?

Mais en quel sens l’homme peut-il recevoir de lui-même la connaissance du bien ? S’agit-il de suivre ses désirs ? C’est en partie ce que préconise Epicure, à la condition de suivre aussi sa raison, et de rechercher un état de plaisir stable (cf. cours sur le bonheur). Mais le devoir peut-il consister à suivre ses seuls désirs ? Que faire alors devant le malheur d’autrui ? Mon devoir n’est-il pas de lui porter secours ? Mais en quoi pourra-ce être un désir ?

la conception kantienne du devoir moral

A quoi sait-on que l’on fait le bien ? Y a-t-il un bien en soi, que tous pourrait connaître comme tel ? Oui répond Kant et c’est la volonté bonne. (cf texte 7 p. 403). Expliquons.

De nombreuses qualités humaines sont considérées comme bonnes et désirables : l’intelligence et les talents de l’esprit, le courage et les qualités du tempérament. Mais ces qualités ne sont bonnes que relativement. Elles peuvent servir à des fins mauvaises : l’intelligence et l’audace d’un criminel par ex. Ces qualités sont bonnes de façon relative, cad selon la fin qu’elles permettent d’accomplir.

A l’inverse, la volonté bonne, ou volonté de faire le bien, est bonne de façon absolue, car elle a toujours, par définition, le bien comme fin. Et c’est d’ailleurs à la volonté que l’on se réfère pour juger moralement d’un acte. Au sens courant, on parle d’intention (là où Kant parle de volonté bonne). C’est l’intention d’un acte que nous jugeons moralement et non l’acte lui-même et ses conséquences.

Prenons quelques exemples : imaginons un homme A qui en sauve un autre d’une noyade assurée. A-t-il bien agi d’un point de vue moral ? Tout le monde répondra que oui, compte tenu du résultat de l’acte : une vie sauvée ! Mais maintenant supposons que le sauveur ait accompli ce geste dans le seul but de lui dérober son argent, ou tout autre sorte d’avantages. Son acte est-il bon moralement ? Non, car il n’avait pas l’intention de sauver cet homme et ne l’aurait pas fait s’il n’avait eu l’intention de le voler. Son intention ici n’est donc pas bonne moralement.

Imaginons maintenant un homme B qui veut en sauver un autre de la noyade mais qui, par maladresse, voulant lui lancer un bouée, l’assomme et entraîne par là la noyade qu’il voulait éviter ! On dira que son acte a eu une conséquence mauvaise. Mais l’intention était moralement bonne. Certes, on aimerait moins de maladresse ou plus de chance, mais de nos deux hommes A et B, B est assurément le meilleur moralement car sa volonté (son intention) est bonne. Il veut le bien.

Si seule la volonté est bonne en elle-même, à quoi la reconnaît-on ? Comment savoir si l’intention d’une personne est bonne ? Comment savoir par ex. si l’intention d’un homme n’est pas déterminée par un vain désir de gloire qui le ferait secourir son prochain ?

La réponse de Kant est que la volonté est bonne lorsqu’elle est déterminée par la loi morale, et seulement par elle, à l’exclusion de tout mobile sensible. Expliquons : chaque homme selon Kant, en tant qu’il est un être rationnel, a la capacité de se représenter une loi générale. Ex : il ne faut pas voler. Ce n’est pas : » il ne faut pas voler ceci ,mais voler cela » ou « on peut voler à tel moment mais pas à tel autre ». Non. C’est une loi, elle est donc générale, elle ne distingue pas de cas particuliers.

Si cette loi est bonne moralement, si elle prescrit de faire le bien, alors celui qui lui obéit fera le bien. Et s’il n’obéit qu’à la loi morale, s’il ne suit aucun désir sensible, comme par ex. le goût de la gloire ou le sentiment de bonne conscience, alors nous pourrons dire que sa volonté est déterminée par le seul bien exprimé par la loi. Elle est donc bonne absolument. Nous dirons alors de cet homme qu’il agit par devoir.

A l’inverse, si notre homme fait le bien mais en étant déterminé par un penchant sensible, par ex. l’amitié ou l’amour qu’il éprouve pour une personne à laquelle il prête secours, alors il fait le bien mais il n’agit pas avec une volonté bonne, mais selon un désir (ce qui ne fait pas de lui un homme mauvais !). Comprenons : s’il n’avait pas ce sentiment, il n’agirait pas ainsi. Kant dit alors de cet homme qu’il agit non pas devoir mais conformément au devoir. Au fond, il n’a pas l’intention de faire le bien parce que c’est le bien, mais celle de satisfaire son désir.

Le devoir selon Kant est donc l’action déterminée par la loi morale. Attention la loi morale n’est pas la loi juridique de l’Etat ! Si un Etat, comme cela est arrivé, se donne des lois immorales, discriminatoires par ex, alors il n’est pas du tout moral de leur obéir. Non, la loi morale est une représentation qu’un homme se fait grâce à sa raison. Comment la déterminer ?

La réponse de Kant est qu’il suffit simplement de se demander si l’on peut faire de la maxime de son action une loi morale de l’humanité. Cela revient à se poser la question suivante : puis-je vouloir que tout le monde agisse toujours comme moi, et cela indépendamment des situations particulières dans lesquelles se trouvent les hommes ? Si je réponds oui à cette question, alors c’est que mon action est déterminée par une loi morale.

La formule kantienne de l’impératif catégorique (du devoir moral : impératif parce qu’il ordonne, catégorique parce qu’il ordonne absolument) est : « Agis toujours de telle sorte que la maxime de ton action puisse être érigée en loi universelle ». Nous devons vouloir que chacun partage la même maxime que nous.

Un ex. d’application de cette formule est resté célèbre, parce qu’il a opposé Kant à Benjamin Constant : celui du mensonge. Peut-on mentir pour se tirer d’embarras ? Selon Kant, la réponse à cette question nous est donnée par une autre : puis-je vouloir faire du mensonge une loi universelle de l’humanité ? La réponse est évidemment non, car ce serait la fin de toute confiance. Donc, la loi morale commande de ne jamais mentir même pour se tirer d’un embarras.

Ce à quoi Constant répondait : faut-il dire où se cache un innocent à des personnes qui le cherchent pour lui causer du mal injustement ? Selon Constant, non, les circonstances font  que nous devons faire une exception au devoir de sincérité. Mais selon Kant, nous devons ne pas mentir et donc dire où se cache l’innocent !

Un autre exemple est donné : celui de la propriété et du vol. Imaginons qu’un ami m’ait confié une arme en dépôt, et qu’un jour il me demande de la lui restituer afin de mettre fin à ses jours. Dois-je la lui restituer ? Oui selon Kant, car la maxime que l’on peut conserver le bien d’autrui ne peut pas être érigée en loi universelle : ce serait approuver la pratique généralisée du vol !

Explication : Kant veut éviter à tout prix ce que l’on appelait à l’époque de Pascal la casuistique, cad une façon de juger moralement selon les cas ou circonstances particulières. Reprenons l’exemple du mensonge pour se tirer d’embarras : si on l’accepte, n’est-ce pas la porte ouverte à la justification de tous les mensonges ? Chaque menteur prétendra avoir menti au nom du « bien » de sa victime ! Idem du vol : celui qui vous vole peut prétexter qu’il vaut mieux qu’il garde une chose dont vous feriez un mauvais usage ! C’est la raison pour laquelle la conception kantienne du devoir moral est si catégorique.

3) Critiques du devoir au sens kantien

La conception utilitariste

On oppose classiquement à la conception kantienne du devoir la conception utilitariste. Elle a été développée par le philosophe anglais J.S.Mill. Elle repose sur un principe simple : celui de la plus grande utilité pour le plus grand nombre. Ici le terme utilité signifie bonheur. L’utilitarisme se donne donc un critère de moralité qui est : le plus grand bonheur de l’humanité, cad de tous les hommes.

Expliquons : si je vole mon voisin, j’augmente mon bonheur, mais je diminue le sien ! Ce n’est pas moral. A l’inverse, si je lui apporte une aide et qu’en retour il m’invite à déjeuner nous avons tous les deux augmenté nos bonheurs respectifs et par là celui de l’humanité ! On voit que l’utilitarisme veut favoriser à la fois le bonheur de chaque homme et celui de tous. Il incite donc à la fois à la prise en compte de soi mais aussi à l’entente avec autrui, l’accord, le respect, la bienveillance. (cf par ex. t12 p.4017)

Dans la mesure où il comptabilise le bonheur des hommes qui résulte de leurs actes, l’utilitarisme s’intéresse plus aux conséquences d’un acte qu’à l’intention qui le détermine. C’est là une grande différence avec Kant. Aussi relève-t-il d’une forme de calcul rationnel des gains et des pertes, qui tient compte des circonstances de l’acte. Ainsi un utilitariste estimera qu’un mensonge est préférable à la perte de la vie d’un homme. De ce point l’utilitarisme est plus proche d’une conception courante de ce qui est bien, quand la conception kantienne elle est plus éloignée. Mais l’utilitarisme est lui aussi problématique.

Soit par ex. le dilemme moral suivant : un tyran réclame qu’on lui livre un membre d’un groupe ou il tuera tout le groupe ! Que faire ? Un homme qui agirait selon des principes kantiens refuserait de se faire complice d’une acte criminel. A l’inverse, un utilitariste, dans la mesure où il est convaincu qu’il n’existe pas d’autres solutions, préférera la perte de la vie d’un homme à celle de tout un groupe. Il veillera à minimiser le dommage fait à l’humanité. Sa conduite est rationnelle. Mais dans le même moment il collabore avec le tyran. N’aurait-il pas mieux valu lui opposer une résistance certes vaine mais digne ? Le problème est ici de savoir si la détermination du devoir peut résulter d’un calcul. Le devoir ne commande-t-il pas absolument ?

la critique Nietzschéenne du devoir

Elle est radicale (cf. texte 11 p.406). Le devoir est selon Nietzsche une invention des religions juives et chrétiennes. Il cache en fait une intention : celle de faire souffrir les hommes, en leur faisant croire à l’existence d’une dette qu’ils auraient à l’égard des autres.  Le devoir est à comprendre selon son étymologie, celle de la dette (devoir quelque chose à qqn).

Un homme qui fait son devoir croit librement renoncer à ses désirs. En réalité, il se soumet à un certain discours religieux qui valorise la faiblesse (sentiment de pitié, conduite d’humilité) au détriment de l’affirmation de soi. Ce discours est celui du ressentiment, celui des hommes qui, faute de pouvoir manifester leur vie positivement, dénigre celle de ceux qui y parviennent. En ce sens, le devoir est la limite et la souffrance que les hommes « faibles » veulent faire éprouver aux hommes « forts », la faiblesse et la force étant ici à comprendre en termes de capacités ou non d’affirmer son être, sa vie (et non au sens physique ou musculaire).

Cette conception fait du devoir moral traditionnel, issu des religions, une façon de brider les hommes et à terme de les dégoûter de leur propre vie.

Le bien et le mal selon Spinoza.

Pour Spinoza, les hommes ne sont pas libres. Aussi la notion de devoir conçu comme une obligation lui est-elle étrangère. Le bien et le mal ne sont pas des réalités naturelles mais des êtres de raison qui sont nés des comparaisons, des relations que les hommes font entre les choses. Cette chose est un bien signifie en fait qu’elle est meilleure qu’une autre.

A quoi reconnait-on le bien ? Au fait que les hommes le désirent. Car le bien n’existe pas en dehors du désir. Il n’est pas une chose qui existe préalablement au désir. Il est l’objet du désir, ce que le désir désigne comme un bien. Idem du mal, qui est ce que les hommes ne désirent pas mais repoussent. Or, les hommes, du fait de leur nature, ont une tendance à vouloir persévérer dans leur être. Voilà donc le bien, ce qui permet aux êtres, à moi mais aussi aux autres hommes de persévérer dans leur être. Le mal est tout ce qui est au contraire s’oppose à ce désir de vivre des hommes. Un sentiment accompagne l’action bonne : c’est la joie. A l’inverse, l’action triste s’accompagne de tristesse.

 

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