1ère étape : problématiser un sujet de dissertation.

a. ne pas confondre question et problème.

Une question est une demande. Elle est le plus souvent reconnaissable au « ? » qui la termine. Un problème est une difficulté que l’on ne parvient pas à surmonter, du moins pas simplement. Du coup la difficulté s’installe, persiste et… devient un problème.

Il y a des questions qui ont un caractère problématique et d’autres non. Ces dernières demandent simplement une réponse. Elles cessent alors de se poser.
Les questions problématiques contiennent en germe un ou des problèmes. Il va donc être plus difficile d’y répondre. La première chose à faire est de faire apparaître le ou les problèmes qu’elles posent. C’est le cas des questions philosophiques.

b. trouver le paradoxe d’un sujet.

Les sujets philosophiques sont construits sur la base d’un paradoxe, cad une opposition à une thèse commune. Cette opposition fait la tension interne du sujet, ce qui le rend intéressant. Il faut dans un premier temps s’exercer à retrouver ce paradoxe.

Exemples :

– Faut-il en finir avec la tolérance ?
Le paradoxe consiste ici à s’opposer à la thèse commune que la tolérance est une bonne chose avec laquelle on ne veut pas en finir.

– Peut-on librement renoncer à sa liberté ?
Le paradoxe est dans le fait de penser la possibilité d’une contradiction, savoir librement renoncer à sa liberté. Le sens commun défend la thèse que c’est toujours de façon contrainte que l’on renonce à la liberté.

A vous de faire le même travail à partir des sujets donnés dans le livre (et d’autres).

c. problématiser le sujet.

La problématisation consiste à rendre compte du paradoxe posé par le sujet, à établir sa réalité, et à chercher une façon de le traiter.

La problématique est la manière dont va être traité le paradoxe, les étapes de sa solution.

Dans la pratique, cela revient à répondre à 3 questions :
1. Quelle est la thèse commune visée par le sujet ?
2. En quoi est-elle critiquable ?
3. Y a-t-il moyen d’aller plus loin que cette critique ?

Exemple : Faut-il en finir avec la tolérance ?
1. la thèse commune défend la tolérance. Définition commune de la tolérance : un état d’esprit qui consiste à admettre l’existence d’opinions, de conduites différentes de la sienne alors que l’on pouvait ne pas le faire. Se montrer ouvert d’esprit.
2. Critique de cette thèse : la tolérance est une passivité de l’esprit et du comportement, une faiblesse qui consiste à admettre ce que l’on ne comprend pas vraiment, et que l’on devrait avoir le courage soit d’admettre sans réserve, soit de combattre.
3. Aller plus loin que la critique : à la tolérance, ne faut-il pas préférer le courage de la justice ? Mais être juste, n’est-ce pas reconnaître à la l’homme la possibilité d’être faible ?

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