problématisation : La culture nous rend-elle plus humain ? (L, 2019)

1) la forme de la question

Le sujet porte sur la notion de culture. C’est le terme essentiel du sujet.

Humain est le second terme important du sujet. Il précise la question, qui ne porte pas sur tous les effets de la culture, mais sur celui-là seul. 

La question est donc de la forme : A a-t-il pour effet b ? A est la notion essentielle, b le terme qui précise la réflexion sur A.

A noter : la question porte sur la relation entre la culture et le fait d’être plus humain. Il faut donc éviter tout exposé qui ne prendrait pas en compte ces 2 termes et leurs relations (par ex. un exposé sur la culture en général)

2) les termes de la question et leurs relations

a) la culture

Terme d’étymologie latine : de cultus, de colere qui signifie à la fois
cultiver au sens d’entretenir, s’occuper de, et honorer les dieux (lien avec la notion de culte).

Différentes significations : 

  1. la culture désigne le travail du sol, afin de l’améliorer, le rendre fertile, soit l’agriculture (de ager, en latin : le champ).
  2. par analogie avec 1, la culture désigne la formation de l’esprit, celle de la personnalité (goût, sensibilité, intelligence). A distinguer du savoir, simple acquisition de connaissances. La culture physique est l’ensemble des exercices destinés à entretenir, développer son corps. 
  3. en un sens anthropologique, la culture désigne l’ensemble des pratiques, croyances, institutions, idées, etc. inventés par l’homme. Par la culture, l’homme modifie la nature sauvage et crée son propre milieu. 
  4. à la suite de 3, les cultures des peuples désignent les différentes traditions, pratiques, croyances, institutions propres à chaque peuple. Exemple : la culture japonaise. 

A noter : l’article la, qui est singulier, nous avertit qu’il faut considérer la culture en général.

Pour une plus ample réflexion sur la définition de ce terme : cette fiche notion 

b) plus humain

  1. En un sens général, humain signifie relatif à l’homme, propre à l »homme.
  2. En un sens plus moral, humain signifie ce qui manifeste l’humanité d’un être, en particulier le fait d’être sensible à la pitié, de faire preuve d’indulgence et de compréhension. 

Le sujet utilise l’expression  : nous rendre plus humain, soit faire de nous des êtres plus humains. Il présuppose que l’on peut être plus ou moins humain, ce qui rend problématique la définition de l’homme. Comment un homme peut-il être moins humain, voire inhumain ? 

Cela ne peut se comprendre que si l’on présuppose une certaine idée de l’humanité qui n’est pas réalisée complètement chez tous les hommes, donc une humanité qui se construit petit à petit et peut ne jamais s’acquérir ou se perdre.

c) compréhension du problème

le sujet part d’une thèse implicite qu’il remet en cause, celle selon laquelle la culture rend l’homme plus humain au sens anthropologique de ce terme. En effet, elle poursuit et transforme le développement naturel, biologique de l’homme qui a donc une humanité double : à la fois naturelle (son corps par ex.) et culturelle (sa langue, ses outils, sa vie sociale, etc.)

La remise en cause de cette thèse met en valeur le second sens du mot humain, le sens moral. En clair, cette transformation de l’homme naturel par la culture l’a-t-elle rendu plus humain au sens moral ? Est-il meilleur moralement, plus sensible au malheur d’autrui, plus compréhensif ? En l’éloignant de son état naturel, la culture n’a-t-elle pas rendu l’homme plus cruel, plus méchant ou plus indifférent ?

d) des références possibles (cf. textes distribués)

texte 1 : Rousseau, Discours sur l’origine de l’inégalité, préface.

Ce texte défend la thèse qu’au fil des siècles, la culture a tant modifié l’homme originel qu’il n’est plus possible de s’en faire une idée précise, exempte de préjugés. Il n’est plus possible dit le texte de « démêler ce qu’il y a en lui d’originaire et d’artificiel dans la nature actuelle de l’homme ». Le processus de la culture est donc une dénaturation, soit la perte d’un état de nature originel.

Mais si on lit le texte de façon plus attentive, on découvre que pour Rousseau cette dénaturation est une difformité. Cet éloignement de la nature originelle de l’homme est une altération, une corruption.

A propose de l’âme humaine altérée par la société :

« et l’on n’y retrouve plus, au lieu d’un être agissant toujours pas des principes certains et invariables, au lieu de cette céleste et majestueuse simplicité dont son auteur l’avait empreinte, que le difforme contraste de la passion qui croit raisonner et de l’entendement qui délire ».

Il n’est pas possible de connaître l’homme naturel. 

texte 2 : Kant, Idée d’une histoire universelle

L’homme a un penchant à s’associer et un autre à se détacher de ses semblables. Cette dualité éveille ses forces et le pousse à se développer, à se cultiver, soit à définir sa valeur sociale, source d’un discernement moral.

texte 3 : Freud, Cinq leçons sur la psychanalyse

Il faut fournir à chaque homme la possibilité de satisfaire de façon ordinaire un certain nombre de ses pulsions sexuelles. La culture ne doit pas conduire jusqu’au renoncement de sa sexualité. 

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