Problématisation : devrions-nous renoncer aux besoins artificiels ?

(la réalité du problème)

« Oh la la la vie en rose
Le rose qu’on nous propose
D’avoir les quantités d’choses
Qui donnent envie d’autre chose »

Alais Souchon, Full sentimental

« Ceux-là jouissent le mieux de l’opulence qui en ont le moins besoin »

Epicure, Lettre à Ménécée

La critique des besoins artificiels ne date pas du 20 ième s. et de la société de consommation, mais celle-ci lui a donné une nouvelle dimension.
« Achetez ! Le bonheur est de posséder ! » semblent nous dire les images publicitaires. De fait nous consommons de nombreux produits et services sans rapport avec nos besoins réels. En sommes-nous pour autant plus heureux ?

(pour quelle raison peut-on souhaiter renoncer aux besoins artificiels ?)

Le besoin est un état naturel de l’homme. A la différence du désir, il exprime le manque dans lequel nous sommes d’une chose nécessaire à notre vie. Les besoins les plus connus sont les besoins biologiques comme la nourriture ou le repos. Mais il est des besoins affectifs, sociaux qui sont tout aussi naturels et vitaux pour l’homme.
La satisfaction d’une besoin est nécessaire. Elle place l’homme dans une situation de dépendance. Créer artificiellement de nouveaux besoins reviendrait donc à augmenter notre dépendance et par là notre souffrance : celle du manque et des efforts à fournir pour le combler. Il serait donc plus rationnel de renoncer aux besoins artificiels.

(pour quelle raison néanmoins peut-on souhaiter ne pas y renoncer ?)

Cependant, le terme de besoin artificiel est-il aussi clair que cela ? Si de façon courante artificiel signifie superflu, en un autre sens, il est synonyme de création de l’art et de la culture. Sont artificiels en ce sens les besoins nés de la socialisation de l’homme, et plus généralement du développement des sociétés.
Aussi, n’est-il pas normal que la nécessité dans laquelle un homme est d’une chose soit relative à la société dans laquelle il vit ? Pourquoi devrions-nous renoncer à des objets dont certes nous pouvons devenir dépendants mais que la société fournit en nombre ? Cette critique des besoins artificiels n’est-elle pas de façon déguisée une condamnation du désir ?

Ce contenu a été publié dans la morale, le bonheur, le désir, le plaisir, problématiser, avec comme mot(s)-clé(s) , , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire