Probématiser : la culture empêche-t-elle la barbarie ?

Nous savons depuis déjà longtemps que les peuples policés, cultivés, humanisés peuvent commettre les crimes les plus atroces, les actes les plus barbares au nom d’un idéal culturel donné. Le 20ième s. n’a fait que le confirmer. C’est là un paradoxe, car pour ces mêmes peuples, la barbarie est justement l’absence de culture qui fait qu’un homme se comporte de façon animale et cruelle. La culture devrait donc empêcher la barbarie. Comment expliquer un tel mystère ?

Par définition, toute culture contient en elle-même, du fait de sa naissance au sein d’une société, les conditions d’une vie sociale pacifiée. Toute culture tend en quelque sorte à valoriser les conduites qui permettent à un groupe humain de vivre ensemble. L’éducation d’un enfant par ex. a pour but de lui faire renoncer à la satisfaction violente et aveugle de ses tendances naturelles.

Dans le même moment pourtant, toute culture est l’expression des intérêts d’un groupe donné et tend à les justifier lorsqu’ils s’opposent aux intérêts d’un autre groupe. De sorte que l’on pourrait affirmer de façon paradoxale que seul l’homme cultivé peut se comporter de façon barbare, car seul il peut fonder cette conduite à l’aide de sa culture.

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