Notion : vérité

A) Etymologie 

Vérité vient du latin veritas qui signifie vérité, mais avec un sens normatif. La vérité est ce qui est conforme aux règles du vrai. En grec, vérité traduit le terme alètheia, qui signifie dévoilement, levée du voile.

B) Définition

Le terme de vérité a de nombreux usages qui troublent parfois sa juste compréhension. En philosophie, le terme de vérité est surtout employé pour désigner une propriété des jugements, des propositions.

Il existe 2 définitions de la vérité, qui sont 2 conceptions différentes de la notion.

a) la définition classique :

Est vrai un jugement qui est en accord avec son objet, ce sur quoi il porte. On dit aussi qui est en conformité ou en adéquation.

Prenons un exemple très simple donnée par le logicien Tarski. Le jugement « la neige est blanche » est vraie si et seulement si cette réalité que nous appelons neige a cette couleur que nous appelons blanche.

A la place du terme jugement, on emploie parfois ceux de représentation ou pensée, et à la place de celui d’accord, ceux de conformité ou adéquation.

La définition traditionnelle de cette conception de la vérité est la suivante : » veritas est adæquatio intellectus et rei« , ce qui signifie : la vérité est l’adéquation de la pensée et des choses. Elle est due à St Thomas d’Aquin. On l’appelle parfois la conception de la vérité-correspondance.

Accord, conformité, adéquation, correspondance : il s’agit à chaque fois d’une relation entre ce qui relève de la pensée et ce qui relève de la réalité.

b) la définition pragmatique de la vérité.

Le pragmatisme est une doctrine philosophique qui accorde une grande importance à l’action sur le réel (pragma en grec signifie l’action). On l’associe au penseur américain William James (début XX s.)

Selon cette définition, est vraie un jugement qui nous permet d’agir de façon efficace sur le réel.

On aura une compréhension très simple de cette conception si l’on pense à l’expression populaire « ça marche ! ».  Supposons que je veuille réparer un appareil en panne et que  j’ai une certaine idée de ce qui cause la panne. Comment m’assurer que mon idée est vraie ? Et bien simplement en agissant selon elle. Si par ex. mon idée est que telle pièce est défectueuse, je peux la changer. Si l’appareil fonctionne, alors mon action a été efficace. J’en conclus que mon idée était la bonne, était vraie.

On qualifie parfois d’instrumentale cette conception de la vérité.

Ces 2 définitions de la vérité posent chacune des problèmes philosophiques dont il est difficile de rendre compte de façon brève. On se contentera pour l’instant de quelques distinctions. 

C) Distinctions

a) la distinction vérité/sincérité

La sincérité et la vérité sont 2 notions différentes. La sincérité s’oppose au mensonge, la vérité s’oppose à la fausseté. Une personne peut très bien être sincère et dire une fausseté : elle commet tout simplement une erreur. La sincérité n’est pas la vérité mais l’intention de ne pas tromper. Le mensonge lui est l’intention de tromper.

Pourquoi confond-on les deux ? Parce que le mensonge utilise le plus souvent la fausseté, d’où l’idée (fausse) qu’il se confond avec elle, et pas voie de conséquence la sincérité avec la vérité. Mais en fait non ! La sincérité est si l’on peut dire une propriété de l’intention, la vérité est nous allons le voir, une propriété des jugements ou croyances.

A retenir donc : la vérité est le contraire de la fausseté (la distinction vrai/faux), et se distingue clairement de la sincérité qui elle est le contraire du mensonge ou tromperie (la distinction sincère/trompeur). On peut donc être sincère et dire le faux.

b) la distinction vérité/réalité.

La réalité d’une chose est son existence indépendamment de nous. Chacun d’entre nous par exemple, croit qu’il existe un monde physique indépendamment de la perception et du souvenir qu’il en a. C’est là une position dite réaliste sur le monde.

Le contraire de la réalité est, on l’aura deviné, la non-existence d’une chose indépendamment de nous. Une licorne par ex. n’est pas un animal réel mais imaginaire. Peut-on dire que ce qui est imaginaire est faux ? La licorne par ex. est-elle fausse ?

Reconnaissons-le, c’est là une façon curieuse de parler. Il vaudrait mieux dire : la proposition « les licornes existent » est fausse. Cela est beaucoup plus clair, car en elle-même une chose n’est ni vraie ni fausse : elle est réelle ou non (fictive, imaginaire). C’est l’affirmation qu’elle existe qui est vraie ou fausse, et non la chose sur laquelle elle porte.

On retrouve ici l’affirmation initiale selon laquelle la vérité et la fausseté sont des propriétés des jugements, des propositions, et seulement cela. En toute rigueur, on ne devrait employer les termes vrai et faux que pour qualifier des jugements.

Mais il existe des usages peu rigoureux où vrai et faux qualifient des choses : pensons aux expressions de vrai ou faux billet, vrai ou faux papiers, etc. Il s’agit alors de bien les comprendre.

Dans l’expression « faux billet », l’adjectif faux est appliqué de façon incorrecte au billet, alors qu’il devrait être appliqué au jugement implicite de celui qui l’utilise et qui affirme « ce billet est de la monnaie légale ». C’est cette dernière proposition qui est fausse, non le billet, qui n’est ni vrai ni faux, mais simplement réel. Car un faux billet existe bien.

c) vérité et validité.

Ces 2 notions sont souvent confondues, mais on gagne à les distinguer.

En mathématiques, on procède par démonstration. Une démonstration est un enchaînement ou suite logique de propositions qui aboutit à un théorème. Chacune des propositions est conséquence logique de celles qui la précèdent. Au final, toutes les propositions sont des conséquences logiques des propositions de départ. 

Lorsque l’on a bien raisonné, en respectant les règles de logique, on dit que notre raisonnement est valide, cela veut dire correct logiquement.

Ex. à l’aide d’un syllogisme célèbre : 
Tous les hommes sont mortels (prémisse 1)
Or, Socrate est un homme (prémisse 2)
Donc Socrate est mortel (conclusion)

Si je remplace la prémisse 1 par celle-ci : « Quelques hommes sont mortels », alors le raisonnement est invalide (alors même que chaque proposition est vraie).

La validité d’un raisonnement n’est pas la vérité d’une proposition. Il est possible, nous venons le voir, de mal raisonner avec des propositions vraies. Mais il est aussi possible de bien raisonner avec des propositions fausses.

Ex. : Tous les hommes sont immortels, Or mon chien est un homme, donc mon chien est immortel. 3 propositions fausses mais un raisonnement valide !

Où il est montré qu’il ne suffit pas de bien raisonner (validité) pour dire des propositions vraies. Ce sont donc bien 2 propriétés différentes.

D) les rapprochements 




Ce contenu a été publié dans fiche notion, la vérité, non classés. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire