L’histoire

Plan de l’article

Introduction : les 2 sens du mot histoire. Du récit à l’étude rigoureuse.

  1. l’écriture de l’histoire
  2. la question du sens de l’histoire

Introduction :

– les 2 sens du mot histoire :

Le terme d’histoire a deux sens principaux : il désigne à la fois ce que les hommes ont vécu, leur réalité historique, celle de leur passé, et la connaissance qu’ils en ont, le savoir historique.

Comme le remarque R.Aron, ces deux sens sont liés : « L’homme n’a vraiment un passé que s’il a conscience d’en avoir un car seule cette conscience introduit la possibilité du dialogue et du choix ». (cf. ce texte).

Cela signifie que le 1er sens, celui de réalité historique, est inséparable du second, le savoir historique. Avoir une histoire n’est donc pas simplement avoir un passé, mais être conscient que l’on a un passé, en prendre connaissance et agir en conséquence. De ce point de vue, on peut défendre la thèse que seul l’homme a une histoire, car il est le seul être doté d’une conscience réflexive de son passé. Les autres êtres vivants n’ont pas d’histoire.

– du récit pour se souvenir à l’étude rigoureuse.

Le désir de raconter des histoires, d’écrire des récits historiques a précédé celui de l’étude rigoureuse du passe.

En Occident, le poète Homère raconte l’histoire de la guerre de Troie et du retour d’Ulysse dans l’Iliade et l’Odyssée.  Ces récits ont un intérêt historique mais ce sont des fictions qui mêlent les héros et les dieux.

Le terme histoire au sens d’étude apparaît pour la première fois chez Hérodote (env. -480 à -425) qui appelle son ouvrage Historiai, ce qui signifie l’Enquête. C’est le récit des guerres médiques qui opposent au – Vième s. les Grecs aux Perses. Son intention est donnée dans le 1er § :

« Hérodote d’Halicarnasse présente ici les résultats de son Enquête afin que le temps n’abolisse pas le souvenir des actions des hommes et que les grands exploits accomplis soit par les Grecs, soit par les Barbares, ne tombent pas dans l’oubli ; il donne aussi la raison du conflit qui mit ces deux peuples aux prises. »

Double exigence donc : se souvenir des actions des hommes des 2 camps (et non seulement celui des Grecs), mais aussi rendre compte des causes du conflit.

Avec Thucydide (env. -470 à -400), le souci d’une étude rigoureuse du passé est davantage affirmé. Ainsi écrit-il (cf. ce texte), à propos de la guerre du Péloponnèse (qui oppose Athènes et Sparte) :

« Quant aux événements de la guerre, je n’ai pas jugé bon de les rapporter sur la foi du premier venu, ni d’après mon opinion ; je n’ai écrit que ce dont j’avais été témoin ou pour le reste ce que je savais  par des informations aussi exactes que possible. »

L’histoire commence avec le récit du passé, et l’on date le passage de la préhistoire à l’histoire à l’invention de l’écriture. Mais le mot récit est ambigu puisqu’il désigne toute sorte d’histoire, celle fantaisiste des poètes (Homère par ex.), celle qui prétend conserver la mémoire des peuples (Hérodote) ou celle encore de l’étude rigoureuse des faits passés (Thucydide).

C’est ce dernier sens, celui d’étude rigoureuse qui est privilégié ici. On se demandera donc dans un premier temps à quelles conditions une pareille étude est possible. Un savoir historique est-il possible, et si oui comment ?

Dans un second temps, nous nous interrogeons davantage sur la réalité historique et la question de son sens. Que nous apprend le savoir historique sinon qu’il est possible de penser rationnellement le passé des hommes ? Mais cela veut-il dire que l’histoire des hommes suit un cours préétabli ? Y a-t-il un sens de l’histoire, celui du progrès par ex ? C’est ce que nous verrons dans une seconde partie.

1) l’écriture de l’histoire

a. Mémoire et histoire

L’histoire est une discipline qui s’efforce de connaître le passé humain. Elle a un caractère rationnel et vise à une certaine objectivité.

La mémoire est la faculté personnelle de se souvenir. Elle a un intérêt pour la connaissance mais elle est subjective et affective : nos souvenir sont partiels et partiaux. Par ailleurs, elle est relative au vécu d’une personne, qui est nécessairement limité.

Associée à une groupe, la mémoire, qui est ici plus exactement le culte d’un certain récit du passé, est à la fois respectable mais dangereux : respectable car un groupe a le droit de se reconnaître dans un récit du passé, même si celui est contestable d’un point de vue historique ; dangereux parce que ce culte de la mémoire nourrit des revendications présentes qui peuvent être contestables, celle par ex. d’obtenir réparation et de se venger.

b. Les difficultés posées au savoir historique

Elles sont de deux ordres : celui de l’objet de l’histoire qui est le passé et celui du rôle de l’historien.

– Par définition, l’objet du savoir historique a disparu. Il n’est donc pas possible d’observer ou d’expérimenter en histoire. Contrairement au physicien, l’historien étudie des liens entre des faits qu’il est impossible de regarder, de reproduire ou d’isoler.

L’historien travaille à partir des traces, des matériaux qu’a laissés le passé, le plus souvent des documents d’archives. Or, il est des périodes du passé pour lesquelles il n’existe pas beaucoup de traces, par ex. les civilisations anciennes ou celles sans écriture.

De plus, les documents dont il dispose ne sont pas toujours significatifs, ni objectifs (un document n’est pas toujours « honnêtement » rédigé par son auteur). A l’inverse, lorsque l’historien dispose de nombreux documents, il est obligé de faire un tri, une sélection. Or, tout choix implique une part de subjectivité contestable.

– L’historien appartient à l’époque présente. Comment parviendra-t-il à comprendre une époque à jamais révolue ? Comment être sûr que la compréhension que l’on a aujourd’hui d’une archive est bien celle qu’en avaient les hommes dans le passé ?

Par ailleurs un historien est issu d’un certain milieu social, culturel, il a certaines conceptions politiques, croyances religieuses, moeurs liées à la fois à sa vie et à son époque. Son travail d’historien est donc influencé par sa propre situation historique, sa conception personnelle, datée historiquement, du monde et de l’homme.

Un historien peut par ex. insister, selon l’époque à laquelle il appartient ou selon ses convictions, sur le caractère libérateur de telle révolution (ex : la Révolution française), tandis qu’un autre soulignera sa violence ou ses limites politiques.

c. Les solutions proposées par les historiens.

Les solutions aux problèmes posés par l’étude de l’histoire se trouvent à la fois dans la compréhension de la spécificité de son travail, le choix d’une méthode rigoureuse et l’acceptation d’une pluralité d’écritures de l’histoire.

– spécificité de l’étude de l’homme : la distinction expliquer/comprendre.

L’histoire a pour objet d’étude le passé humain, elle est donc une science humaine (≠ science de la nature) et requiert un mode de connaissance particulier : celui de la compréhension et non seulement celui de l’explication. On trouve cette distinction classique chez Dilthey, un penseur de la fin du XIXième s. (cf. ces textes).

Expliquer signifie mettre au jour une relation de causalité entre 2 phénomènes et dégager la loi qui les unit. Le physicien par exemple explique les phénomènes physiques à l’aide de lois comme celle de la gravitation. Comprendre signifie saisir le sens d’une attitude, d’une expression, ce qui est possible même sans connaître leur cause (on comprend qu’une personne est en colère même si l’on ne sait pas pourquoi).

Or, l’être humain n’est pas seulement un être physique, il est aussi un être de conscience qui donne du sens à ses actions, ses conduites. Comment l’historien pourrait-il connaître le passé des hommes sans comprendre ce sens ?

Cette  compréhension des hommes du passé est rendue possible par le fait que l’historien est un être humain lui aussi, il peut donc chercher à se mettre dans leur situation. Mais il doit le faire de façon savante (prendre en compte les conditions de vie de l’époque, les spécificités culturelles, etc.) et critique (ne pas « plaquer » ses propres vécus sur ceux d’autrui).

Cet effort de compréhension est en fait un travail d’interprétation. Il doit se faire selon les règles de toute interprétation, en particulier la prise en compte du contexte, qui est ici historique.

– la méthode de l’historien

Comment écrit-on l’histoire ? Tout commence par le choix d’un objet, soit un lieu, une époque, des personnes.

On a coutume de penser que l’histoire est l’étude des évènements historiques et des « grands hommes » qui en sont les protagonistes (ex : Napoléon, Louis XIV, etc). Mais c’est là une conception simpliste et dépassée de l’histoire qui vise davantage à faire surgir des aventures et des héros du passé, propres à constituer un « roman national », plutôt qu’à l’étudier de façon rigoureuse. Elle valorise la dimension politique, de façon partiale, au détriment des autres (économique, technique, religieuse, démographique, géographique, etc).

En réalité, le passé peut être étudié sous différentes perspectives de temps, de lieu, de personnes, qui sont le choix propre de l’historien. Il peut s’intéresser à quelques jours d’un petit village, plusieurs années d’une ville ou d’un pays, ou bien encore à plusieurs siècles d’échanges sur de vastes territoires.

(sur ce thème, lire le texte de F.Braudel p.201-202 du manuel, et sa conception des 3 histoires, qui sont 3 temps de l’histoire : géographique, social et individuel)

Tout commence en fait avec un problème, soit une difficulté à résoudre, que l’historien formule à l’aide d’une série de questions. Comment expliquer la prospérité ou au contraire l’appauvrissement de telle région, le succès de telle croyance ou de telle invention technique ou de tel courant intellectuel et artistique, etc ? Ce problème est la perspective choisie par l’historien pour étudier le passé. Il intègre une dimension spatiale, temporelle et humaine : un espace, une période, des hommes.

A ce problème, l’historien répond par une hypothèse de travail : cela a dû se passer comme cela, selon telles causes et pour telles raisons. C’est l’hypothèse qui est première dans la démarche historique, non la collecte des faits (cf. ce texte de L.Febvre, avec des explications) Reste à tester la valeur de cette hypothèse, sans quoi ce ne serait qu’une simple spéculation.

L’hypothèse guide l’historien dans la recherche des sources, les documents d’archive. En fait, l’historien soumet son hypothèse à la réalité des archives. Il prend soin bien sûr de travailler à la fois dans le sens mais aussi contre son hypothèse : il étudie les documents qui à la fois sont susceptibles de lui donner raison et ceux qui pourraient lui donner tort, et l’amener à corriger ou changer son hypothèse. C’est une étape essentielle de la démarche.

Auparavant, l’historien aura examiné de façon critique la fiabilité des sources : sont-elles bien ce qu’elles prétendent être ?  Ce document est-il authentique ? Qui est son auteur ? Quel était sa position par rapport aux faits dont ils parlent ? Cela est-il confirmé par d’autres documents d’origine pourtant différente ?

De façon générale, en même temps qu’il précise sa pensée, la corrige, l’organise, l’historien cherche à « croiser » ses preuves, faire se rejoindre des documents de sources diverses en un seul faisceau de preuves (un faisceau est un assemblage). Un historien veille à ne jamais dépendre d’une seule source.

Il croise aussi son travail avec celui d’ autres historiens, voire celui d’ autres savants issus d’autres disciplines : sociologie, économie, géographie, spécialiste des religions, etc. Le travail de l’historien, comme celui d’autres savants, est toujours soumis à l’examen critique de ses pairs, la communauté des historiens, l’ensemble des chercheurs de chaque pays.

– la pluralité des écritures de l’histoire

Le respect d’une méthode rigoureuse est une condition nécessaire pour qui veut écrire l’histoire de façon objective. Mais cela suffit-il ? Y a-t-il d’ailleurs une seule écriture de l’histoire ?

Pour comprendre la réponse à cette question, il faut se rappeler que l’historien ne prétend pas faire resurgir le passé,  mais l’interroger selon une hypothèse de travail, liée à un problème, un ensemble de questions posées au passé qui définissent une perspective.

Or, il y a toujours plusieurs perspectives possibles, selon l’époque à laquelle et pour laquelle écrit l’historien, selon aussi les questions qu’ils posent au passé, l’objet d’étude qu’il s’est choisi. Ces perspectives ne s’opposent pas nécessairement entre elles mais discutent aussi et se complètent. Une histoire de la ville au Moyen-Âge par ex. est complémentaire d’une histoire des croyances religieuses, ou de celle de l’artisanat ou des universités. Ces perspectives, qui ont des objets différents, ne sont pas à opposer, mais à relier entre elles.

De la même manière, toute histoire est un questionnement du passé à partir du présent, celui de l’historien. Etudier l’histoire, l’écrire signifie lui poser des questions présentes, les nôtres, celles de notre époque. Or, les époques changent, et avec elles les questions posées au passé. Il y a donc nécessairement une évolution de la connaissance historique, qui est celle du présent et de son rapport au passé, un changement des perspectives. Mais là encore, cette évolution n’est pas à craindre. Au contraire, elle est souhaitable. Elle montre que l’histoire est un savoir en renouvellement constant.

 

 

2) la question du sens de l’histoire

Dans un passage célèbre de la Poètique, Aristote distingue le poète de l’historien de la façon suivante (cf. p. 193 du manuel) :

« En effet, la différence entre l’historien et le poète ne vient pas du fait que l’un s’exprime en vers et l’autre en prose […]; mais elle vient de ce fait qu’un l’un dit ce qui a eu lieu, l’autre, ce à quoi on peut s’attendre ».

Plus bas, il précise :

« Voilà pourquoi la poésie est une chose plus philosophique et plus noble que l’histoire : la poésie dit plutôt le général, l’histoire le particulier. Le général, c’est telle ou telle chose qu’il arrive à tel ou tel de dire ou de faire, conformément à la vraisemblance ou à la nécessité; […] Le particulier, c’est ce qu’a fait Alcibiade, ou ce qui lui est arrivé ».

Cette distinction a de quoi surprendre, car elle place la nécessité du côté du poète et non de l’historien. Il y a au fond davantage de rationalité, de logique, dans le récit du poète, qui doit suivre le cours général des conduites humaines, que dans celui de l’historien, qui lui dit simplement ce qui est arrivé.

C’est que pour Aristote, l’histoire ne peut pas suivre une logique générale des conduites humaines, puisqu’elle a justement pour but de rendre compte de ce qui est particulier (opposé au général). L’histoire serait constituée de moments particuliers, irréductibles à un forme générale.

Cela nous amène à nous poser la question du sens de l’histoire, cad de la réalité historique. Les sociétés humaines ne restent pas éternellement les mêmes, elles changent de façon continue. On appelle devenir historique ce changement. Il relie les temps passés à notre présent. C’est le cours changeant du temps humain. Quelle est la nature de ce devenir ? Y a-t-il une logique du devenir des sociétés humaines ? Cela peut-il influencer le travail de l’historien ?

a. la question du sens de l’histoire

Les historiens s’interdisent le plus souvent d’avoir une conception générale du devenir historique, cela au nom de 2 idées : la 1ère est que l’histoire est l’étude du passé des hommes, non celle de leur devenir (attention passé ≠ devenir); la 2nde est qu’une conception générale du temps des sociétés humaines relève de la spéculation philosophique (pensée abstraite), non de l’étude historique.

Kant note pourtant (dans ce texte) qu’il serait fort utile non seulement aux historiens mais aussi aux hommes en général, de posséder un fil directeur de leur devenir.

Aux premiers, les historiens, un fil directeur apporterait une perspective théorique, celle générale du devenir de l’humanité, et cela sans prétendre se substituer à l’étude précise des faits. Il s’agirait alors de situer chaque étude historique dans un plan plus global, celui de l’humanité (et non simplement une perpective nationale par ex.).

Aux seconds, les hommes, ce fil directeur offrirait une perspective politique, car ce fil directeur n’est pas choisi au hasard : il est raisonnable et vise la réalisation d’une union civile de tous les hommes sur terre, soit leur entente politique pacifique. Aussi Kant vise-t-il un certain progrès politique de l’humanité, et l’idée d’un fil directeur peut servir à le réaliser.

La question du sens de l’histoire est donc posée ici d’au moins 2 façons : pour l’historien et pour le philosophe qui vise à orienter le devenir humain dans une certaine direction.

b. différentes philosophies de l’histoire

Il existe différentes conceptions philosophiques du devenir humain ou plus simplement différents philosophies de l’histoire.

On trouve d’abord dans les grandes religions monothéistes (judaïsme, christianisme, islam) une certaine conception du devenir humain. A l’apparition de l’homme sur terre répond le Jugement dernier de Dieu, précédé de la résurrection des morts. Le devenir de l’homme  a alors une fin qui lui donne sens  : celle du jugement divin. (cf. par ex. cette représentation du Jugement dernier par Roger Van der Weyden, que l’on trouve aux Hospices de Beaune)

Selon Hegel, l’histoire, qui paraît livrée au jeu des désirs contradictoires des hommes, suit en réalité un cours rationnel, ordonné. C’est celui de la Raison ou Esprit, qui utilise les passions des hommes, des grands hommes que sont les héros, pour se réaliser dans l’histoire (cf. les textes 6 et 7 du manuel, pp. 196-197).  Ex : l’ambition d’un Napoléon, qui bouleverse la vieille Europe, réalise la Raison sous le forme de l’État moderne. L’ambition du héros est ici l’instrument au service du développement de la Raison. Et peu importe si le héros finit tragiquement : il aura, un court moment, permis à son époque de changer. Car le héros de l’histoire est d’abord un homme d’action.

Marx reprend la conception de l’histoire de Hegel mais selon un point de vue matérialiste. C’est de la vie matérielle, la vie sociale et économique qu’il faut partir si l’on veut comprendre ce qui se réalise dans l’histoire. Le point de départ est plus justement la position qu’occupent les hommes dans la vie matérielle : quels rapports ont-ils aux moyens de production ? En sont-ils les propriétaires ou bien sont-ils de simples forces de travail au service de ces propriétaires ? Le rapport aux moyens de production détermine la classe sociale et elle est le moteur de l’histoire. L’histoire est en effet selon Marx celle de la lutte des différentes classes : celles des esclaves et des propriétaires d’esclaves dans l’Antiquité; celles des serfs et des seigneurs au Moyen-âge; celles du prolétariat et de la bourgeoisie à l’époque moderne. Ces luttes conduisent à la révolution prolétarienne, la naissance de la société idéale, sans classe, qui elle n’a pas d’histoire (puisqu’il n’y a plus de classes opposées qui luttent entre elles).

c.  Critique des philosophies de l’histoire

Certains auteurs ont vivement critiqué la prétention de certains philosophes, et avec eux d’historiens, à donner le sens général de l’histoire humaine, car cela revient à nier selon eux une dimension importante de cette histoire : celle du hasard.

Selon Cournot,  l’histoire n’est pas le pur fruit du hasard, car les faits historiques, bien que particuliers, sont tout de même liés entre eux suivant certains rapports de cause à effet plus ou moins nécessaires que l’historien essaie de comprendre. Mais il n’y a pas d’histoire quand tous les faits sont ordonnés de manière nécessaire, selon des lois de cause à effet constantes. L’histoire contient donc une part de hasard, d’imprévisible.

Aussi Cournot se montre-t-il très méfiant à l’égard de toute idée qui voudrait en quelque sorte abolir cette dimension du hasard et réduire l’histoire à la réalisation inéluctable d’un devenir programmé. Telle est l’idée de progrès, qui est au fond une idée de nature religieuse dont il faut se méfier car elle est prompte à tout justifier.

On trouve une autre critique d’une conception déterministe de l’histoire humaine chez Tocqueville (cf. texte 9, p. 199 du manuel) et chez K.R.Popper (cf. texte 14, p. 203 du manuel).

 

 

A lire : Dossier « Y a-t-il un pilote dans l’histoire ? » de Philosophie magazine n°66, février 2013.

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