la distinction sujet / objet

  • en psychologie, la distinction sujet/objet peut servir à distinguer l’être humain en tant qu’il est conscient de sa propre existence, de la chose et de l’animal qui n’ont pas cette conscience.
    On trouve cette distinction dans ce texte de Kant. La capacité de se penser, se nommer soi-même fait de l’homme une personne, i.e un être digne. Cette capacité se réalise au cours de l’enfance : c’est le passage de la 3ième personne à la 1ère pour parler de soi.
  • En théorie de la connaissance, on distingue entre un sujet, celui qui connait et un objet, la chose connue.

Sujet (celui qui connait) ——-> objet (chose connue)

Cela paraît aller de soi : c’est toujours une personne qui connaît parce que c’est elle qui a la faculté de penser.
Pourtant cela ne va pas de soi. Si l’on demande à un farouche conservateur, à un fanatique religieux ou à un homme profondément attaché à son groupe social « qui dit la vérité ? » (qui dit ce qu’est l’objet), il ne répondra sûrement pas que c’est là le pouvoir de chacun, de chaque sujet. Il dira bien plutôt que la vérité est connue, exprimée par la tradition, le texte ou le groupe social. Bref, il définira la connaissance selon une de ces relations :
les traditions (ce que l’on a toujours pensé)  ——-> objet (chose connue)
la parole divine (ce que Dieu dit) ——-> objet (chose connue)
le groupe social (ce que tout le monde pense) ——-> objet (chose connue)
C’est sans doute Descartes qui a le mieux pensé et mis en valeur cette conception selon laquelle chaque homme, chaque sujet a la capacité de connaître par lui-même sans nécessairement avoir à se référer à une autorité extérieure (tradition, Dieu, société). C’est l’expérience du cogito, première vérité dans l’ordre des découvertes, seule vérité à résister au doute radical figuré par le Malin Génie, et surtout vérité découverte et reconnue comme telle (comme évidence, idée claire et distincte) par un sujet doué de raison.
Or, la raison ou bon sens, comme le dit le début du Discours de la méthode, « est la chose la mieux partagée du monde ». Tout le monde en est pourvu, aussi chaque homme est-il un sujet capable par lui-même de connaître le vrai.

Le sujet connaissant peut être conçu de différentes façons :
– le sujet sensible : la connaissance de l’objet est empirique, relative, subjective.
– le sujet rationnel (cf. Descartes) : la connaissance de l’objet est rationnelle, selon une rationalité commune à tous les hommes. La connaissance est donc relative à la définition de la rationalité mais peut prétendre à l’objectivité. Elle n’est pas limitée au seul sujet.

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