2ième étape : l’analyse du sujet.

La question du sujet peut se présenter sous différentes formes. Par ailleurs, elle contient un certain nombre de notions qu’il est bon d’analyser avec précision. Ce sont ces 2 points que nous allons regarder maintenant.

a) les différentes formes de question.

Pour des raisons d’efficacité dans l’analyse, on gagne à repérer quelles sont les notions principales du sujet et la perspective adoptée sur elles.

–  les questions concernant une seule notion : le travail de problématisation doit porter sur le sens de cette notion.

Ex : Qu’est-ce qu’un homme juste ?
Il s’agit d’une question ouverte qui demande de problématiser la notion d’homme juste

Ex : Comment comprendre la notion de vie intérieure ?
Le sujet demande ici quelles sont les différentes façons de comprendre cette notion.

Ex : Pourquoi voulons-nous connaître ?
La connaissance est à étudier dans une perspective précise : la volonté que nous avons de la posséder.

Ex : Peut-on tout dire ?
La notion de discours (dire) doit être problématisée selon un point de vue précis : la possibilité de l’exercer pour toute chose, toute situation.

– les questions concernant plusieurs notions : le travail de problématisation doit porter sur les relations entres ces notions, à déterminer selon le sujet.

Attention ! : ne jamais traiter séparément  les notions d’un même sujet.

Ex : Suffit-il d’obéir aux lois pour être juste ?
Ici, c’est la relation Lois (Droit)/ Justice qui sert à définir le problème. A noter le terme introducteur : suffit-il A pour que B ? (A est-il condition suffisante de B).

Ex : Y a-t-il un art du laid ?
La notion d’art est interrogée ici via celle de laideur, à rapprocher bien sûr de la beauté. C’est la possibilité d’un art du laid qui est interrogée.

Ex : L’Etat est-il l’ennemi de la liberté ?
2 notions essentielles : Etat et Liberté. C’est leur relation d’opposition (ou non) qui définit le problème ici.

Ex : Peut-il y avoir une science de l’inconscient ?
Les notions de science (connaissance) et d’inconscient sont-elles compatibles ? L’inconscient peut-il être objet de science ?

Ex : L’Etat a-t-il besoin de la mémoire des citoyens ?
3 notions ici, Etat, mémoire et citoyens, reliées par l’idée de besoin. A bien considérer ensemble.

b) l’analyse des termes du sujet.

Un sujet contient certains termes. Il est nécessaire d’en éclaircir le ou les sens si l’on veut comprendre la question et bâtir une réflexion à la solide et riche.

les termes principaux du sujet : ce sont le plus souvent les notions philosophiques du programme. Elles doivent faire l’objet d’un travail d’analyse approfondi.

Les notions philosophiques ont plusieurs sens qui tous à leur façon rendent compte d’une dimension de la notion. Le travail de réflexion de la dissertation consiste à mettre en valeur ces différents sens de  façon pertinente par rapport au sujet, et par là de rendre intelligible la complexité du sujet, la résolution du problème qu’il pose.

Ex : Le travail est-il pour l’homme un obstacle à la liberté ?

Le travail peut être défini comme l’activité sociale et professionnelle que nous sommes tenus d’accomplir pour avoir un revenu. Mais aussi comme une activité réglée qui requiert une maîtrise donc un savoir, de l’expérience. Dans les 2 cas il est un obstacle à la liberté si l’on définit celle-ci comme la possibilité de faire ce que l’on veut (définition courante).

Mais est-ce bien cela la liberté ? Un homme qui ne travaille pas au sens socio-professionnel vit aux dépens des autres et donc n’est pas libre. De la même façon, un homme ignorant, peu formé est inapte à exécuter une tâche tout seul et dépend là aussi d’autrui. Le travail, dans les 2 sens vus précédemment serait donc une condition de la liberté, comprise ici comme liberté d’agir de façon indépendante.

Mais est-ce bien cela être libre ? Un homme qui par son travail accumule de la richesse et du pouvoir est sans doute libre d’en user comme il l’entend, mais il peut alors fort bien le dépenser au gré de ses désirs et par là, révéler une nouvelle forme de servitude : celle d’un homme à ses passions. La liberté ne suppose-t-elle pas une réflexion sur les buts de notre action ? Ne consiste-t-elle pas en une discipline de l’existence ? Le travail n’est-il pas alors une condition de l’acquisition de cette discipline ?

On peut, pour voir ce que donne un travail de ce genre, lire le corrigé suivant.

A retenir : la dissertation procède par définitions successives qui permettent de formuler des hypothèses cad des essais de réponse au sujet.

Partie 1 : hypothèse à partir d’une première définition des notions.
Partie 2 : hypothèse à partir d’une deuxième définition, obtenue par la remise en question de la première.
Partie : hypothèse à partir d’un nouvelles définitions, plus complètes, des notions du sujet.

les termes secondaires du sujet :

A ne pas négliger car ils définissent la perspective du sujet, le ou les angles de lecture de la question.

– le terme introducteur : Pourquoi, Comment, Faut-il, Doit-on, Peut-on, Existe-t-il, etc.
ll fixe le plus souvent le but de la question, la nature de sa perspective.

– les négations, les termes d’ opposition, de condition, de besoin, etc : ils déterminent les relations entre les notions importantes du sujet.

– les adverbes, les adjectifs, les articles, etc. : toujours/ jamais, toutes/aucune, un/le, le/les etc. : ils modulent le sens de la question.

 

 

 

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