texte n°1 du Discours de la Méthode

«  Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée : car chacun pense en être si bien pourvu, que ceux même qui sont les plus difficiles à contenter en toute autre chose n’ont point coutume d’en désirer plus qu’ils en ont. En quoi il n’est pas vraisemblable que tous se trompent : mais plutôt cela témoigne que la puissance de bien juger et distinguer le vrai d’avec le faux, qui est proprement ce qu’on nomme le bon sens ou la raison, est naturellement égale en tous les hommes ; et ainsi que la diversité de nos opinions ne vient pas de ce que les uns sont plus raisonnables que les autres, mais seulement de ce que nous conduisons nos pensées par diverses voies, et ne considérons pas les mêmes choses. Car ce n’est pas assez d’avoir l’esprit bon, mais le principal est de l’appliquer bien. Les plus grandes âmes sont capables des plus grands vices, aussi bien que des plus grandes vertus ; et ceux qui ne marchent que fort lentement peuvent avancer beaucoup davantage s’ils suivent toujours le droit chemin, que ne font ceux qui courent, et qui s’en éloignent »

Descartes, Discours de la Méthode, 1ère partie. 

2 parties :

Introduction :

situation du texte : c’est le début du Discours. Rappel : le Discours est un écrit de circonstance, lié à l’abandon du projet de publier un Traité du monde. La raison : la condamnation de Galilée en 1633. La publication du DM avec 3 essais scientifiques a pour but de « sonder le gué ». Son but : faire connaître sa méthode, et par ce moyen, ses idées en physique.

Problème et Thèse :

  • le problème examiné dans ce texte est celui de la possession de la raison par tous les hommes, et sa différence avec l’esprit. Mais c’est aussi celui de la nécessité d’une méthode.
  • la thèse de Descartes est que les hommes possèdent tous la raison, un même pouvoir de juger du vrai et du faux. Mais l’essentiel est de l’appliquer, d’où la nécessité d’une méthode.

Plan : 2 parties. La 1ère sur le bon sens, la 2nde sur l’importance de la méthode.

La 1ère : qu’est-ce que le bon sens ? Le fait de la raison

a. Ce n’est pas le bon sens commun. Mais une puissance de bien juger et ≠ vrai et faux. Donc :

. Subjectivité de la raison (≠ ordre du monde des Anciens).
. Raison ≠ raisonner mais juger, et donner son assentiment. Liberté de juger.
. distinction raison ≠  esprit (promptitude de la pensée, netteté de l’imagination, ampleur de la mémoire).

b. l’argument : le témoignage d’un manque, d’une absence de désir.

.Ironie
. simple vraisemblance ≠ certitude.
. invraisemblance : tous se trompent ? Pas tous. Et si tous alors perte de la raison comme capacité à juger, ce qui est invraisemblable. Le pouvoir de la raison s’affirme ici : chacun jouit de la faculté de juger ≠ qualités de l’esprit.

Le fait de la raison, sa liberté.
Egalité de la raison, inégalité des esprits : pose la question de droit de la méthode. 

La 2nde : L’importance de la méthode.

a) la diversité des opinions ≠ des raisons mais des chemins pris.
. conduite voie et considération des objets (en plus des ≠ esprits)
. raison ≠ méthode.
. appliquer bien. Méthode ≠ outil, mais une conduite de sa pensée (application)

b) les exemples

. des vertus et vices. ex de la morale. engagement personnel. Morale : relève de la connaissance et de la méthode.
. le chemin et la progression. rectitude et vitesse. Il y a un ordre. Un chemin droit et des chemins de travers.

La raison ≠ méthode, la méthode = conduite. Connaissance de l’ordre.

Conclusion : 

Le fait de la raison.
L’importance de la méthode. ≠ savoir des anciens, pratique de telle ou telle discipline. Caractère novateur, pionnier de la conception.

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Texte de Montesquieu : pas de liberté sans lois (bac technologique 2018).

« Il est vrai que dans les démocraties le peuple paraît faire ce qu’il veut ; mais la liberté politique ne consiste point à faire ce que l’on veut. Dans un État, c’est-à-dire dans une société où il y a des lois, la liberté ne peut consister qu’à vouloir faire ce que l’on doit vouloir, et à n’être pas contraint de faire ce que l’on ne doit pas vouloir.
Il faut se mettre dans l’esprit ce que c’est que l’indépendance, et ce que c’est que la liberté. La liberté est le droit de faire tout ce que les lois permettent ; et si un citoyen pouvait faire ce qu’elles défendent, il n’aurait plus de liberté, parce que les autres auraient tout de même ce pouvoir. »
MONTESQUIEU, De l’Esprit des Lois (1748)

Pour expliquer ce texte, vous répondrez aux questions suivantes, qui sont destinées principalement à guider votre rédaction. Elles ne sont pas indépendantes les unes des autres et demandent que le texte soit d’abord étudié dans son ensemble.

Questions :

  1. Dégager l’idée principale (la thèse que défend l’auteur) du texte et les étapes logiques du raisonnement.
  2. Expliquer : 
    • « dans les démocraties, le peuple paraît faire ce qu’il veut » ; 
    • « la liberté ne peut consister qu’à pouvoir faire ce que l’on doit vouloir » ;
    • que signifie «l’indépendance » dans le texte ?
  3.  Les lois sont-elles nécessaires à la liberté ?

Ce qu’il faut faire  :

  • bien lire les questions : la 1ère demande clairement l’idée principale ou thèse que défend l’auteur et les étapes logiques, soit 2 choses distinctes. Par ailleurs l’idée générale n’est pas le thème.
  • bien lire le texte : à plusieurs reprises, l’auteur affirme que la liberté est liée aux lois et ne consiste pas à faire ce que l’on veut (sens courant). Bien lire en particulier la phrase à expliquer : « pouvoir faire ce que l’on doit vouloir » (l.4) n’est pas pouvoir faire ce que l’on veut.
  • se donner les moyens d’une vraie réponse, et non quelques mots. la quantité ne fait pas la valeur mais une réponse correcte demande une rédaction claire et précise. 
  • pour la question 3, le lien avec le texte de Montesquieu est évident et fournit une référence, de même qu’il fournit l’idée générale du texte (question 1). Bien voir à ce sujet que Montesquieu défend une certaine conception de la nécessité des lois que l’on peut qualifier de libérale. Les lois ne nous obligent à faire que ce que l’on doit vouloir, soit notre devoir de citoyen, et elles nous protègent de la contrainte de faire ce que l’on ne doit pas vouloir (nul ne peut être forcé de faire ce que la loi ne l’oblige pas à faire).
  • Un principe générale de méthode : diviser la difficulté d’une question, d’une phrase en autant d’éléments simples que cela est nécessaire pour bien la comprendre. C’est la règle de l’analyse. Elle évite bien des réponses hâtives et fausses ou incomplètes.

Pour des pistes de correction sur ce sujet, cf. ce lien : https://www.philomag.com/bac-philo/copies-de-reves/montesquieu-de-lesprit-des-lois-1748-28276

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Problématisation : le désir est-il la marque de notre imperfection ? (S, 2018)

A) l’analyse du sujet

a) la forme de la question

3 termes : désir, imperfection et marque. La notion importante est le désir. Le sujet est de la forme : X est-il la marque de Y ? Le rapport entre X et Y qui est interrogé ici est celui de « être la marque ».

b) les termes du sujet.

a21) Une marque est (cf. Cnrtl) d’abord un signe matériel appliqué sur une chose pour indiquer ses caractéristiques et permettre de la distinguer. Par extension, le terme désigne tout ce qui sert à identifier, reconnaître quelque chose, même s’il s’agit d’une empreinte ou d’une trace involontaire, accidentelle. Le sujet demande donc si le désir est le signe volontaire ou la trace involontaire de notre imperfection.

On voit mal comment un homme pourrait vouloir signifier, indiquer à autrui son imperfection. Cela est plus concevable pour un Dieu créateur ! On pense bien sûr au péché originel, soit le désir d’Adam et Eve de goûter au fruit défendu (celui de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, passage raconté ici dans la traduction originale de Chouraqui). Dieu aurait alors créé l’être humain capable de désirer, en particulier ce qui est interdit. Le désir serait donc la manifestation de la nature peccable (encline au péché, défectueuse) de l’homme. 

A l’inverse, on comprend que le désir puisse être la manifestation involontaire de l’imperfection humaine, même s’il s’agit d’une conception négative, et discutable, du désir.

c) notre imperfection

Le terme « notre » ne renvoie pas à l’individu qui s’interroge mais aux êtres humains en général. 

Le terme d’imperfection peut être compris de 2 façons (cf. Cnrtl) :

  • soit comme un manque de perfection, une limite de l’être humain : manque de force, d’intelligence, de courage, de beauté, etc. mais aussi manque des choses que nous désirons. 
  • soit comme une déviance, un travers, un vice, donc non pas comme une limite mais plutôt une corruption, une dénaturation. Le désir peut alors être un penchant à l’excès, à un illimité qui ne convient pas à la nature de l’homme. A rapprocher de la notion grecque d’hybris (on prononce « ubris »), que l’on traduit par démesure. Cf. ici, une note intéressante sur cette notion.

A ce stade, la question devient : le désir est-il la manifestation des limites de l’homme ou de sa nature corrompue ?

d) reste le terme de désir. On peut consulter cette fiche.

B) la compréhension du problème. 

Le sujet fait clairement référence à la conception du désir comme manque mais aussi, dans une autre mesure, à la conception biblique du désir comme expression à la fois de la liberté et de la possibilité de pécher (commettre une faute). C’est cette thèse, au delà de la référence biblique, qu’il invite à exposer dans un premier temps, puis à discuter.

Quelle discussion ? Elle n’est pas évidente ici tant que l’on place le désir sous la perpective, le point de vue de la perfection : désirer apparaît alors toujours comme une tentative de combler un manque ou au contraire de dépasser une mesure, une norme, un interdit. C’est l’idée de perfection qu’il faut interroger ici. D’où vient l’idée qu’il existerait une perfection humaine ? N’est-ce pas là l’expression d’un désir ? Ne faut-il pas alors voir la perfection, non pas comme une norme qui existe indépendamment de l’homme, mais au contraire comme une création du désir humain ? D’où la possibilité de comprendre le problème posé.

Parce qu’il est vécu comme un manque ou un trouble, le désir est pensé comme une manifestation de l’imperfection de l’homme. Pourtant, il ne saurait y avait de perfection que pour un être de désir, qui en fait son objet. De quoi alors le désir est-il la marque : des faiblesses de l’homme ou de son pouvoir créateur ? 

Ce dernier paragraphe pourrait constituer une compréhension du problème dans une dissertation. 

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Texte de Claude Bernard : la méthode expérimentale.

Claude BERNARD (1813-1878) est un célèbre physiologiste français qui a découvert la fonction glycogénique (production de sucre) du foie. Son travail scientifique s’accompagne d’une réflexion sur les sciences et la nature scientifique de la médecine. Il s’intéresse plus particulièrement à la nature de la méthode expérimentale.

L’Introduction à la médecine expérimentale(1865) est la préface d’un ensemble inachevé, les Principes de médecine expérimentale. Ce texte est tiré de la 1ère partie de l’Introduction à la médecine expérimentale.

            «Le savant qui veut embrasser l’ensemble de principes de la méthode expérimentale doit remplir deux ordres de conditions et posséder deux qualités de l’esprit qui sont indispensables pour atteindre son but et arriver à la découverte de la vérité. D’abord le savant doit avoir une idée qu’il soumet au contrôle des faits; mais en même temps il doit s’assurer que les faits qui servent de points de départ ou de contrôle à son idée, sont justes et bien établis; c’est pourquoi il doit être lui-même à la fois observateur et expérimentateur.

            l’observateur, avons-nous dit, constate purement et simplement le phénomène qu’il a sous les yeux. Il ne doit avoir d’autre souci que de se prémunir contre les erreurs d’observation qui pourraient lui faire voir incomplètement ou mal définir un phénomène. A cet effet, il met en usage tous les instruments qui pourront l’aider à rendre son observation plus complète. L’observateur doit être le photographe des phénomènes, son observation doit représenter exactement la nature. Il faut observer sans idée préconçue; l’esprit de l’observateur doit être passif, c’est-à-dire se taire; il écoute la nature et écrit sous sa dictée.

            Mais une fois le fait constaté et le phénomène bien observé, l’idée arrive, le raisonnement intervient et l’expérimentateur apparaît pour interpréter le phénomène.

            L’expérimentateur, comme nous le savons déjà, est celui qui, en vertu d’une interprétation plus ou moins probable, mais anticipée des phénomènes observés, institue l’expérience de manière que, dans l’ordre logique de ses prévisions, elle fournisse un résultat qui serve de contrôle à l’hypothèse ou à l’idée préconçue. Pour cela l’expérimentateur réfléchit, essaye, tâtonne, compare et combine pour trouver les conditions expérimentales les plus propres à atteindre le but qu’il se propose. Il faut nécessairement expérimenter avec une idée préconçue. L’esprit de l’expérimentateur doit être actif, c’est-à-dire qu’il doit interroger la nature et lui poser les questions dans tous les sens, suivant les diverses hypothèses qui lui sont suggérées.

Mais, une fois les conditions de l’expérience instituées et mises en oeuvre d’après l’idée préconçue ou la vue anticipée de l’esprit, il va, ainsi que nous l’avons déjà dit, en résulter une observation provoquée ou préméditée. Il s’en suit l’apparition de phénomènes que l’expérimentateur a déterminés, mais qu’il s’agira de constater d’abord, afin de savoir ensuite quel contrôle on pourra en tirer relativement à l’idée expérimentale qui les a fait naître.

            Or, dès le moment où le résultat de l’expérience se manifeste, l’expérimentateur se trouve en face d’une véritable observation qu’il a provoquée, et qu’il faut constater, comme toute observation, sans aucune idée préconçue. L’expérimentateur doit alors disparaître où plutôt se transformer instantanément en observateur; et ce n’est qu’après qu’il aura constaté les résultats de l’expérience absolument comme ceux d’une observation ordinaire, que son esprit reviendra pour raisonner, comparer et juger si l’hypothèse expérimentale est vérifiée ou infirmée par ces mêmes résultats.»

Claude Bernard, Introduction à la Médecine expérimentale, I, chap.6

Questions :

  1. Quelle est la thèse du texte ? Quelles sont les différentes étapes de la méthode expérimentale ? (pensez à faire un schéma).
  2. Pourquoi faut-il, selon C.BERNARD«nécessairement expérimenter avec une idée préconçue» ?

Ici, une courte vidéo qui présente le travail de Claude Bernard.

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Fiche notion : désir

A) l’étymologie

Du latin desiderium, de desiderare, regretter, se plaindre du manque de, mais aussi désirer, convoiter.

B) définition

3 caractères semblent définir de façon générale le désir. Ils sont plus ou moins mis en avant selon les penseurs, les philosophes.

  • il est une aspiration, une tendance consciente vers un objet. De ce point de vue, il se distingue du besoin qui lui est une tendance non consciente.
  • il est la manifestation d’un manque, d’une incomplétude, selon le principe, rendu célèbre par Platon, que l’on ne désire pas ce que l’on possède déjà, mais seulement ce qui nous manque (c’est l’un des aspects de la nature d’Eros ou Amour dans le Banquet, oeuvre de Platon). 
  • mais il est aussi la manifestation d’une puissance d’exister et une affirmation positive de soi, une affirmation de sa vitalité en quelque sorte. Cette conception est défendue par Spinoza.

C) Distinctions

Désir et besoin

Désir et pulsion

Désir, nature et culture

D) Rapprochements

Désir et mimésis

Désir et reconnaissance

Désir et aliénation

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texte de Quine : « la science ne remplace pas le sens commun, elle le prolonge »

« Nous ne pouvons pas, sous peine d’absurdité, remettre en question la réalité du monde extérieur, ni nier que nos sens témoignent en faveur de l’existence des objets extérieurs. Autrement, nous séparerions les termes « réalité » et « preuve » précisément des applications, grâce auxquelles nous les comprenons le mieux – si tant est que nous les comprenions.

Nous absorbons une philosophie naturelle archaïque avec le lait de notre mère. Avec le temps, en nous tenant au courant de la littérature et en faisant quelques observations supplémentaires nous-mêmes, nous avons une vision plus claire des choses. Mais c’est un processus de croissance et de changement graduel : nous ne rompons pas brutalement avec le passé, nous ne créons pas non plus des notions de preuve et de réalité d’une espèce radicalement différente des notions vagues qui guident les enfants et les profanes. La science ne remplace pas le sens commun, Elle le prolonge. La quête du savoir n’est en fait qu’un effort pour élargir et approfondir la connaissance des choses de tous les jours donc n’est nullement privé l’homme de la rue. Désavouer le noyau du sens commun, faire la fine bouche devant ce que le physicien et l’homme de la rue admettent sans faire d’histoires, ne témoigne pas d’un perfectionnisme digne d’admiration, mais plutôt d’une confusion pompeuse entre le bébé et l’eau du bain.

Acceptons donc la réalité physique innocemment comme l’homme de la rue, ou avec plus ou moins de subtilité en adoptant telle ou telle théorie scientifique. Ce faisant, nous assumons le rôle de dépositaires et de messager du savoir dont l’évolution s’étale sur des millénaires. Puis, développant le détail de notre théorie courante de la réalité physique, nous tirons des conclusions, notamment sur le compte de notre être physique, et sur nous-mêmes, en tant que porteurs de savoir. Une de ces conclusions, c’est que ce savoir que nous continuons à tisser a été induit en nous par l’irritation de nos surfaces et pas autrement. Voila un petit article de savoir sur le savoir. Si on sait comment l’interpréter, il ne contredit pas le savoir dont il parle. Au contraire, Notre hypothèse d’un monde physique, initialement formulée avec naïveté, se trouve pragmatiquement confirmée par tout ce qui, grâce à elle, rentre dans une doctrine cohérente de la formation du savoir d’autres phénomènes naturels. »

Wwo. Quine, Le domaine et le langage de la science (1955), in, De Vienne à Cambridge, trad. Pierre Jacob, Gallimard, 1980, p.202

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texte d’Aristote : la science ne s’acquiert pas par la sensation.

« Il n’est pas possible non plus d’acquérir par la sensation une connais­sance scientifique. En effet, même si la sensation a pour objet une chose de telle qualité, et non seulement une chose individuelle, on doit du moins nécessairement percevoir telle chose déterminée dans un lieu et à un moment déterminés. Mais l’universel, ce qui s’applique à tous les cas, est impossible à percevoir, car ce n’est ni une chose déterminée, ni un moment déterminé, sinon ce ne serait pas un universel, puisque nous appelons uni­versel ce qui est toujours et partout. Puis donc que les démonstrations sont universelles, et que les notions universelles ne peuvent être perçues, il est clair qu’il n’y a pas de science par la sensation. Mais il est évident encore que, même s’il était possible de percevoir que le triangle a ses angles égaux à deux droits, nous en chercherions encore une démonstration, et que nous n’en aurions pas (comme certains le prétendent) une connaissance scienti­fique : car la sensation porte nécessairement sur l’individuel, tandis que la science consiste dans la connaissance universelle. Aussi, si nous étions sur la Lune, et que nous voyions la Terre s’interposer sur le trajet de la lumière solaire, nous ne saurions pas la cause de l’éclipse : nous percevrions qu’en ce moment il y a éclipse, mais nullement le pourquoi, puisque la sensation, avons-nous dit, ne porte pas sur l’universel. Ce qui ne veut pas dire que par l’observation répétée de cet événement, nous ne puissions, en poursuivant l’universel, arriver à une démonstration, car c’est d’une pluralité de cas par­ticuliers que se dégage l’universel.

Mais le grand mérite de l’universel, c’est qu’il fait connaître la cause; de sorte que, pour ces faits qui ont une cause autre qu’eux-mêmes, la connaissance universelle est fort au-dessus des sensations et de l’intuition. (…)

Il en résulte clairement qu’il est impossible d’acquérir par la sensation la science de ce qui est démontrable, à moins d’appeler perception le fait d’avoir la science de la perception.- Pourtant certains problèmes ne peuvent se ramener à leur explication. Il y a en effet, des cas où un acte de vision mettrait fin à toute recherche ultérieure, non pas que nous connaîtrions par le seul fait de voir, mais parce que nous aurions, de l’acte de vision, dégagé l’universel. »

Aristote, Seconds Analytiques, livre I, 31, 87b30-88a15; trad. J. Tricot, Éd. Vrin.

« Il est clair (aussi) que si un sens vient à faire défaut, nécessairement une science disparaît, qu’il est impossible d’acquérir. Nous n’apprenons, en effet, que par induction ou par démonstration. Or la démonstration se fait à partir de principes universels, et l’induction, de cas particuliers. Mais il est impossible d’acquérir la connaissance des universels autrement que par induction, puisque même ce qu’on appelle les produits de l’abstraction ne peuvent être rendus accessibles que par l’induction, en ce que à chaque genre appartiennent, en vertu de sa nature propre, certaines propriétés qui peuvent être traitées comme séparées, même si en fait elles ne le sont pas. Mais induire est impossible à qui n’a pas la sensation : car c’est des cas particuliers qu’il y a sensation ; et il ne peut y en avoir de science, puisqu’on ne peut la tirer d’universels sans induction, ni induire sans la sensation »

Aristote, Seconds analytiques, I, 18, 81a35-81b10, trad. J.Tricot, Vrin.

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Notion : vérité

A) Etymologie 

Vérité vient du latin veritas qui signifie vérité, mais avec un sens normatif. La vérité est ce qui est conforme aux règles du vrai. En grec, vérité traduit le terme alètheia, qui signifie dévoilement, levée du voile.

B) Définition

Le terme de vérité a de nombreux usages qui troublent parfois sa juste compréhension. En philosophie, le terme de vérité est surtout employé pour désigner une propriété des jugements, des propositions.

Il existe 2 définitions de la vérité, qui sont 2 conceptions différentes de la notion.

a) la définition classique :

Est vrai un jugement qui est en accord avec son objet, ce sur quoi il porte. On dit aussi qui est en conformité ou en adéquation.

Prenons un exemple très simple donnée par le logicien Tarski. Le jugement « la neige est blanche » est vraie si et seulement si cette réalité que nous appelons neige a cette couleur que nous appelons blanche.

A la place du terme jugement, on emploie parfois ceux de représentation ou pensée, et à la place de celui d’accord, ceux de conformité ou adéquation.

La définition traditionnelle de cette conception de la vérité est la suivante : » veritas est adæquatio intellectus et rei« , ce qui signifie : la vérité est l’adéquation de la pensée et des choses. Elle est due à St Thomas d’Aquin. On l’appelle parfois la conception de la vérité-correspondance.

Accord, conformité, adéquation, correspondance : il s’agit à chaque fois d’une relation entre ce qui relève de la pensée et ce qui relève de la réalité.

b) la définition pragmatique de la vérité.

Le pragmatisme est une doctrine philosophique qui accorde une grande importance à l’action sur le réel (pragma en grec signifie l’action). On l’associe au penseur américain William James (début XX s.)

Selon cette définition, est vraie un jugement qui nous permet d’agir de façon efficace sur le réel.

On aura une compréhension très simple de cette conception si l’on pense à l’expression populaire « ça marche ! ».  Supposons que je veuille réparer un appareil en panne et que  j’ai une certaine idée de ce qui cause la panne. Comment m’assurer que mon idée est vraie ? Et bien simplement en agissant selon elle. Si par ex. mon idée est que telle pièce est défectueuse, je peux la changer. Si l’appareil fonctionne, alors mon action a été efficace. J’en conclus que mon idée était la bonne, était vraie.

On qualifie parfois d’instrumentale cette conception de la vérité.

Ces 2 définitions de la vérité posent chacune des problèmes philosophiques dont il est difficile de rendre compte de façon brève. On se contentera pour l’instant de quelques distinctions. 

C) Distinctions

a) la distinction vérité/sincérité

La sincérité et la vérité sont 2 notions différentes. La sincérité s’oppose au mensonge, la vérité s’oppose à la fausseté. Une personne peut très bien être sincère et dire une fausseté : elle commet tout simplement une erreur. La sincérité n’est pas la vérité mais l’intention de ne pas tromper. Le mensonge lui est l’intention de tromper.

Pourquoi confond-on les deux ? Parce que le mensonge utilise le plus souvent la fausseté, d’où l’idée (fausse) qu’il se confond avec elle, et pas voie de conséquence la sincérité avec la vérité. Mais en fait non ! La sincérité est si l’on peut dire une propriété de l’intention, la vérité est nous allons le voir, une propriété des jugements ou croyances.

A retenir donc : la vérité est le contraire de la fausseté (la distinction vrai/faux), et se distingue clairement de la sincérité qui elle est le contraire du mensonge ou tromperie (la distinction sincère/trompeur). On peut donc être sincère et dire le faux.

b) la distinction vérité/réalité.

La réalité d’une chose est son existence indépendamment de nous. Chacun d’entre nous par exemple, croit qu’il existe un monde physique indépendamment de la perception et du souvenir qu’il en a. C’est là une position dite réaliste sur le monde.

Le contraire de la réalité est, on l’aura deviné, la non-existence d’une chose indépendamment de nous. Une licorne par ex. n’est pas un animal réel mais imaginaire. Peut-on dire que ce qui est imaginaire est faux ? La licorne par ex. est-elle fausse ?

Reconnaissons-le, c’est là une façon curieuse de parler. Il vaudrait mieux dire : la proposition « les licornes existent » est fausse. Cela est beaucoup plus clair, car en elle-même une chose n’est ni vraie ni fausse : elle est réelle ou non (fictive, imaginaire). C’est l’affirmation qu’elle existe qui est vraie ou fausse, et non la chose sur laquelle elle porte.

On retrouve ici l’affirmation initiale selon laquelle la vérité et la fausseté sont des propriétés des jugements, des propositions, et seulement cela. En toute rigueur, on ne devrait employer les termes vrai et faux que pour qualifier des jugements.

Mais il existe des usages peu rigoureux où vrai et faux qualifient des choses : pensons aux expressions de vrai ou faux billet, vrai ou faux papiers, etc. Il s’agit alors de bien les comprendre.

Dans l’expression « faux billet », l’adjectif faux est appliqué de façon incorrecte au billet, alors qu’il devrait être appliqué au jugement implicite de celui qui l’utilise et qui affirme « ce billet est de la monnaie légale ». C’est cette dernière proposition qui est fausse, non le billet, qui n’est ni vrai ni faux, mais simplement réel. Car un faux billet existe bien.

c) vérité et validité.

Ces 2 notions sont souvent confondues, mais on gagne à les distinguer.

En mathématiques, on procède par démonstration. Une démonstration est un enchaînement ou suite logique de propositions qui aboutit à un théorème. Chacune des propositions est conséquence logique de celles qui la précèdent. Au final, toutes les propositions sont des conséquences logiques des propositions de départ. 

Lorsque l’on a bien raisonné, en respectant les règles de logique, on dit que notre raisonnement est valide, cela veut dire correct logiquement.

Ex. à l’aide d’un syllogisme célèbre : 
Tous les hommes sont mortels (prémisse 1)
Or, Socrate est un homme (prémisse 2)
Donc Socrate est mortel (conclusion)

Si je remplace la prémisse 1 par celle-ci : « Quelques hommes sont mortels », alors le raisonnement est invalide (alors même que chaque proposition est vraie).

La validité d’un raisonnement n’est pas la vérité d’une proposition. Il est possible, nous venons le voir, de mal raisonner avec des propositions vraies. Mais il est aussi possible de bien raisonner avec des propositions fausses.

Ex. : Tous les hommes sont immortels, Or mon chien est un homme, donc mon chien est immortel. 3 propositions fausses mais un raisonnement valide !

Où il est montré qu’il ne suffit pas de bien raisonner (validité) pour dire des propositions vraies. Ce sont donc bien 2 propriétés différentes.

D) les rapprochements 




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problématisation : La culture nous rend-elle plus humain ? (L, 2019)

1) la forme de la question

Le sujet porte sur la notion de culture. C’est le terme essentiel du sujet.

Humain est le second terme important du sujet. Il précise la question, qui ne porte pas sur tous les effets de la culture, mais sur celui-là seul. 

La question est donc de la forme : A a-t-il pour effet b ? A est la notion essentielle, b le terme qui précise la réflexion sur A.

A noter : la question porte sur la relation entre la culture et le fait d’être plus humain. Il faut donc éviter tout exposé qui ne prendrait pas en compte ces 2 termes et leurs relations (par ex. un exposé sur la culture en général)

2) les termes de la question et leurs relations

a) la culture

Terme d’étymologie latine : de cultus, de colere qui signifie à la fois
cultiver au sens d’entretenir, s’occuper de, et honorer les dieux (lien avec la notion de culte).

Différentes significations : 

  1. la culture désigne le travail du sol, afin de l’améliorer, le rendre fertile, soit l’agriculture (de ager, en latin : le champ).
  2. par analogie avec 1, la culture désigne la formation de l’esprit, celle de la personnalité (goût, sensibilité, intelligence). A distinguer du savoir, simple acquisition de connaissances. La culture physique est l’ensemble des exercices destinés à entretenir, développer son corps. 
  3. en un sens anthropologique, la culture désigne l’ensemble des pratiques, croyances, institutions, idées, etc. inventés par l’homme. Par la culture, l’homme modifie la nature sauvage et crée son propre milieu. 
  4. à la suite de 3, les cultures des peuples désignent les différentes traditions, pratiques, croyances, institutions propres à chaque peuple. Exemple : la culture japonaise. 

A noter : l’article la, qui est singulier, nous avertit qu’il faut considérer la culture en général.

Pour une plus ample réflexion sur la définition de ce terme : cette fiche notion 

b) plus humain

  1. En un sens général, humain signifie relatif à l’homme, propre à l »homme.
  2. En un sens plus moral, humain signifie ce qui manifeste l’humanité d’un être, en particulier le fait d’être sensible à la pitié, de faire preuve d’indulgence et de compréhension. 

Le sujet utilise l’expression  : nous rendre plus humain, soit faire de nous des êtres plus humains. Il présuppose que l’on peut être plus ou moins humain, ce qui rend problématique la définition de l’homme. Comment un homme peut-il être moins humain, voire inhumain ? 

Cela ne peut se comprendre que si l’on présuppose une certaine idée de l’humanité qui n’est pas réalisée complètement chez tous les hommes, donc une humanité qui se construit petit à petit et peut ne jamais s’acquérir ou se perdre.

c) compréhension du problème

le sujet part d’une thèse implicite qu’il remet en cause, celle selon laquelle la culture rend l’homme plus humain au sens anthropologique de ce terme. En effet, elle poursuit et transforme le développement naturel, biologique de l’homme qui a donc une humanité double : à la fois naturelle (son corps par ex.) et culturelle (sa langue, ses outils, sa vie sociale, etc.)

La remise en cause de cette thèse met en valeur le second sens du mot humain, le sens moral. En clair, cette transformation de l’homme naturel par la culture l’a-t-elle rendu plus humain au sens moral ? Est-il meilleur moralement, plus sensible au malheur d’autrui, plus compréhensif ? En l’éloignant de son état naturel, la culture n’a-t-elle pas rendu l’homme plus cruel, plus méchant ou plus indifférent ?

d) des références possibles (cf. textes distribués)

texte 1 : Rousseau, Discours sur l’origine de l’inégalité, préface.

Ce texte défend la thèse qu’au fil des siècles, la culture a tant modifié l’homme originel qu’il n’est plus possible de s’en faire une idée précise, exempte de préjugés. Il n’est plus possible dit le texte de « démêler ce qu’il y a en lui d’originaire et d’artificiel dans la nature actuelle de l’homme ». Le processus de la culture est donc une dénaturation, soit la perte d’un état de nature originel.

Mais si on lit le texte de façon plus attentive, on découvre que pour Rousseau cette dénaturation est une difformité. Cet éloignement de la nature originelle de l’homme est une altération, une corruption.

A propose de l’âme humaine altérée par la société :

« et l’on n’y retrouve plus, au lieu d’un être agissant toujours pas des principes certains et invariables, au lieu de cette céleste et majestueuse simplicité dont son auteur l’avait empreinte, que le difforme contraste de la passion qui croit raisonner et de l’entendement qui délire ».

Il n’est pas possible de connaître l’homme naturel. 

texte 2 : Kant, Idée d’une histoire universelle

L’homme a un penchant à s’associer et un autre à se détacher de ses semblables. Cette dualité éveille ses forces et le pousse à se développer, à se cultiver, soit à définir sa valeur sociale, source d’un discernement moral.

texte 3 : Freud, Cinq leçons sur la psychanalyse

Il faut fournir à chaque homme la possibilité de satisfaire de façon ordinaire un certain nombre de ses pulsions sexuelles. La culture ne doit pas conduire jusqu’au renoncement de sa sexualité. 

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Notion : Culture

A) Etymologie

Elle est latine : de cultus, de colere qui signifie à la fois
cultiver au sens d’entretenir, s’occuper de quelques chose, mais aussi honorer les dieux (lien avec la notion de culte).

B) Différentes significations :

  1. la culture désigne le travail du sol, afin de l’améliorer, le rendre fertile, soit l’agriculture (de ager, en latin : le champ).
  2. par analogie avec 1, la culture désigne la formation de l’esprit, celle de la personnalité (goût, sensibilité, intelligence). A distinguer du savoir, simple acquisition de connaissances. La culture physique est l’ensemble des exercices destinés à entretenir, développer son corps. 
  3. en un sens anthropologique, la culture désigne l’ensemble des pratiques, croyances, institutions, idées, etc. inventés par l’homme. Par la culture, l’homme modifie la nature sauvage et crée son propre milieu. 
  4. à la suite de 3, les cultures des peuples désignent les différentes traditions, pratiques, croyances, institutions propres à chaque peuple. Exemple : la culture japonaise. 

C) Les distinctions

a) la distinction nature/culture :

– appliqué au monde, le terme de nature désigne 1) le milieu naturel, le monde physique considéré comme un tout organisé, et 2) tout ce qui existe sans porter la trace de l’homme.

– appliqué à l’homme, la nature est l’ensemble des caractéristiques propres à tous les hommes, sans distinction de cultures ou d’époques. La nature humaine est l’essence de l’homme.

– par opposition à la nature, la culture désigne tout ce qui n’existerait pas sans l’activité humaine : objets, outils, villes, institutions, etc. mais aussi règle sociales, croyances, systèmes d’idées.
– la culture se transmet non par les gènes mais par la mémoire, la tradition et l’éducation.

– il n’existe pas une mais des cultures humaines, qui se modifient au cours de l’histoire.

b) la distinction culture/civilisation :

– en un sens neutre, le terme de civilisation (du latin civis, le « membre d’une cité ») désigne un certain état du développement culturel d’un peuple ou d’une société. Ex : la civilisation grecque.

– au singulier, la civilisation désigne un certain état du développement culturel d’un peuple par opposition à la barbarie ou la sauvagerie. Civilisation est alors synonyme de progrès. On oppose les peuples « civilisés » aux peuples « sauvages » ou « primitifs ». Historiquement, les peuples européens se sont considérés comme les seuls peuples civilisés.

Ce dernier usage du terme de civilisation est très critiqué car il implique un jugement de valeur, une hiérarchie entres les différentes cultures ou sociétés.

– le terme de culture est plus neutre et désigne l’ensemble de toutes les sociétés humaines, sans jugement de valeur.

D) les rapprochements

a) culture/art, technique :

– à l’origine le terme d’art est synonyme de celui de technique (un artiste est considéré comme un artisan). Puis à partir du XVIII s. il s’en distingue pour désigner un certain nombre de pratiques qui visent à produire des objets qui touchent notre sensibilité. Ce sont les arts des artistes ou alors les Beaux-arts (XIX s.)

– la technique désigne l’ensemble des moyens artificiels utilisés par l’homme pour produire des objets, modifier son environnement, augmenter l’efficacité de son action.

– l’art et la technique sont des créations de la culture et sont donc à distinguer de la nature.

b) culture/langage

– le langage est la faculté qu’a l’homme d’inventer et d’utiliser des langues pour s’exprimer et communiquer avec autrui. L’usage de la langue le plus répandu et le plus accessible est la parole, à distinguer de l’écrit. Il existe aussi des langues des signes qui mobilisent les gestes du corps.

– il existe non pas une mais des langues. Elles se transmettent par l’usage, et se modifient au cours du temps.

– les langues sont des créations des cultures humaines. Elles jouent aussi un rôle fondamental dans tous les processus d’acquisition et de transmission de sa culture.

c) culture/socialisation, échanges

– la socialisation est le processus d’adaptation de l’homme à la société. Elle commence par l’éducation.

– échanger signifie donner qque chose pour obtenir une autre chose à la place. Dans tout échange il y a une réciprocité. Il se distingue du don ou de la prise de possession arbitraire (le vol par ex.)

– les processus de socialisation et d’acquisition de la culture se confondent étroitement. Le jeune enfant acquiert sa culture au sein de sa famille et de la société en général. On acquiert la culture d’un pays en partageant l’existence des personnes qui composent sa société.

d) culture/ethnocentrisme

– ethnocentrisme est un terme forgé à partir de celui d’ethnos (en grec, le lieu d’origine) et centrisme, ce que l’on met au centre. L’ethnocentrisme est l’attitude plus ou moins consciente des membres d’une société à considérer leur société comme un modèle de référence pour les autres. C’est donc aussi une façon de dévaloriser les autres sociétés, de les considérer comme inférieures. L’ethnocentrisme peut s’accompagner de xénophobie (peur de ce qui est étranger) voire de racisme (croyance en l’existence des races et en la supériorité de certaines).

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